The Last Brigade – « Silver And Gold »

Silver And Gold[Album]
24/03/2008
(Kicking/Anticraft)

Apparenté à un courant marginal jusqu’au début des années 90, le rock indépendant, fraîchement remis de la déferlante punk rock alors cantonnée à un public très restreint, vit son apogée, comme un changement radical de sa perception par les médias, au lendemain du succès international du « Nevermind » de Nirvana. Le genre voit alors son faciès changer à tout jamais, et ses dignes représentants se multiplier. Therapy?, Dinosaur Jr, Sugar, Soundgarden, et tout le microcosme rock de Seattle, sont de ceux là, ayant engrainé avec eux un public trop jeune pour se proclamer enfant du punk, mais se retrouvant totalement dans ce nouveau courant à guitare, piochant à la fois dans le hardcore, le punk, le heavy metal et l’indie rock, arguant une grosse saturation des guitares, comme un rejet des signes extérieurs d’appartenance musicale

Pas assez synonyme de branchitude pour les formations actuelles perpétuellement à la recherche du « coup » qui les fera enfin décoller au top album, le rock des années 90 ne parle maintenant plus qu’à un public de trentenaires soi-disant has been, éternellement nostalgique devant une telle dénaturalisation de sa passion, mais qui n’en a pas pour autant perdu ses vraies valeurs. Du coup, certains peuvent bien tenter un revival, il y a de fortes chances pour qu’ils restent condamnés aux scènes de bars miteux, là ou ces hommes désormais mûrs aiment siroter leurs binouzes à grands coups de souvenirs, pendant que d’autres sillonnent les salles prisées en prenant bien garde de ne pas se mettre à dos les quelques maisons de disque ou médias dont ils pourraient éventuellement taper dans l’oeil

Toute cette jolie mascarade majoritairement parisiano-parisienne, The Last Brigade s’en tape, préférant de loin s’attarder sur ses plaisirs et sa motivation première: rappeler, à qui veut bien l’entendre, à quel point le rock était bon il y a quinze ans, quand il ne faisait pas le bonheur des radios et qu’il n’était pas encore singé sur les plateaux de la télé-réalité. Pour cela, le groupe ne pouvait trouver meilleures recrues que Ritchie Buzz (Kevin K, Flipside, Les Milliardaires), Fabien Tolosa (Kevin K, La Mouize) et l’intenable Nasty Samy (Second Rate, Black Zombie Procession, Lost Cowboy Heroes…), décidemment sur tous les fronts: trois guérilleros dont le passe temps favori n’est autre que mitrailler les riffs crochus et les mélodies hargneuses tout au long des onze titres (dont « Mote », reprise de Sonic Youth) de ce « Silver & Gold », premier album généreux en décibels

Le trio remporte ici une à une les épreuves de force, affichant sa détermination dés « Start The Game », collection de riffs destinés à chauffer des lampes d’amplis fin prêts à laisser échapper une saturation défrisante, comme sur les impeccables « Why Didn’t You? », « And The Abyss Open Belows », et « Silver Rain », soulignant tous au passage une diversité rythmique, tantôt punk tantôt plus heavy, et des breaks efficaces. Incontestablement, ces trois jeunes loups de l’époque ont fait preuve d’une rare assiduité aux cours donnés par leurs maîtres, certes des plus pédagogues et passionnants. Résultat, quinze ans après, la leçon est retenue et récitée par coeur

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