The Jazz June – ‘After The Earthquake’

Album / Topshelf / 10.11.2014
Emo pop

De 1996 à 2002, The Jazz June a sorti quatre albums, dont deux excellents (‘They Love Those Who Make The Music’ et ‘The Boom, The Motion & The Music’) durant les belles heures de l’émo punk, le faisant côtoyer les Get Up Kids, Promise Ring, Jimmy Eat World et consorts, sans pourtant jamais décrocher la même notoriété. Une injustice ayant peut être coûté au combo de Pennsylvanie qui, en fin de course et après avoir lui aussi influencé pas mal de jeunes pousses, paraissait essoufflé à vouloir à tout prix se renouveler. Au bout de six ans, le quatuor a donc mis la clé sous la porte, sans animosité aucune puisqu’ils ne sont jamais quittés depuis, composant aléatoirement, et collaborant sans cesse aux projets des uns et des autres. Hormis une brève reformation en 2006, The Jazz June n’était donc plus réapparu, jusqu’à ce qu’il décide de prendre part au bal des reformations, de rejoindre le désormais influent Topshelf Records en vue d’un nouvel album.

Longuement murie donc, cette dizaine de nouveaux titres dévoile un groupe qui bénéficie pour la première fois vraiment d’une production à la hauteur de la qualité de ses compositions. Si, de fait, son émo pop parait plus lisse et mainstream que jamais, ces efforts payent en dévoilant des musiciens aujourd’hui aguerris, bien meilleurs qu’ils ne l’étaient, derrière les instruments comme au micro. L’aspect brouillon d’antan laisse ainsi la place à des morceaux dont chaque élément se distingue sans prendre le dessus sur les autres, ou le manque de justesse du chant – qui autrefois le distinguait autant qu’il lui faisait défaut – n’est plus. Alors, dès le mid-tempo ‘Over Underground’ reprenant à son compte les vieilles ficelles du genre, le disque laisse percer une jolie sensibilité pop qui se confirme chaque fois que The Jazz June lève le pied pour s’en aller défier les Promise Ring sur le terrain qui était le leur. Le titre éponyme qui suit, aux mélodies lumineuses et à l’énergie contenue, en est la preuve, tout comme le séduisant ‘It Came Back’, le mélancolique ‘Edge Of Space’, ou le refrain de ‘With Honors’.

Définitivement émo, et bien que moins punk que par le passé, le groupe ne tombe jamais dans la mièvrerie, seulement dans une certaine facilité trahie par une teneur mélodique parfois bien en dessous de la moyenne (‘Stuck On Repeat’, ‘Nothing To See Here’, ‘Short Changed’). Heureusement, il est rare que The Jazz June trébuche de la sorte tout au long de ce nouvel album, plus marquant par la volonté du groupe de respecter les basiques de l’émo tout en faisant évoluer celui qu’il déclinait il y a encore douze ans (’Ain’t It Strange’). Du coup, même si la face B de ‘After The Earthquake’ se révèle définitivement dispensable, ce que la première aligne suffit à elle seule pour que les oreilles sensibles aux mélodies électriques se penchent sur The Jazz June, défendant ici dignement son statut de ‘précurseur’.

‘Over Underground’, ‘After The Earthquake’, ‘It Came Back’, ‘Edge of Space’

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