The Hotelier – ‘The Goodness’

Album / Tiny Engines / 27.05.2016
Indie rock – émo

Cinq femmes et trois hommes d’âge mûr s’exposent à poil et tout sourire au milieu d’une clairière. Moins une provocation à l’Amérique puritaine qu’une volonté de célébrer un retour à la nature, la pochette du troisième album de The Hotelier marque les nouveaux vœux spirituels de son leader Christian Holden. ‘Je pense que je suis en phase avec une spiritualité et une philosophie qui entretiennent un rapport moins violent au monde‘ confiait-il récemment au site indie-branché Stereogum.

Lui qui se démarquait déjà de la scène emo nord-américaine par ses opinions anarchistes s’est orienté vers le taoïsme peu avant de façonner ‘The Goodness’. Un virage naturaliste qui s’éprouve dès les premières secondes de l’introductif ‘N 43° 59’ 38.927’’ W 71° 23’ 45.27’’ où Holden récite seul un poème conclu par les vers : ‘I see the moon / The moon sees me / That’s enough‘. Terminé les excès de rage brute qui caractérisaient ‘It Never Goes Out’ et ‘Home Like No Place Is There‘, les deux précédents efforts du groupe. Épaulé par les guitaristes Chris Hoffman et Ben Gauthier (qui a quitté le navire après l’enregistrement) et le batteur Sam Frederick, Christian Holden a remisé ses penchants punk-rock à la faveur d’un chant clair – rappelant par instant celui de Michael Stipe – et des accords ouverts. S’en dégage une intensité nouvelle, bercée par une douce et lumineuse mélancolie.

Tour à tour, le groupe de Worcester, Massachusetts, évoque l’acceptation face aux événements douloureux (‘Piano Player’, ‘Opening Mail From My Grand Mother’, ‘Settle The Scar’) ou la quête d’absolu au grand air (‘Soft Animal’, ‘Sun’). Et quand le rythme redescend pour les interludes ‘N 43° 33′ 55.676″ W 72° 45′ 11.914’ et ‘N 42° 6′ 3.001″ W 71° 55′ 3.295’ (données géographiques renvoyant vers des parcs naturels américains), ou pour l’unique titre au piano ‘Fear Of Good’, le talent mélodique, lui, reste intact.

On ne va pas vous mentir, on ignore si The Hotelier vient de réaliser son ‘album de la maturité’, et on ne s’embarrassera pas de ce genre de considérations éculées. Une chose reste à peu près sûre : ‘The Goodness’ est une agréable surprise qui, si elle ne révolutionne pas le genre, connait suffisamment de fulgurances et de passages épiques pour surclasser le groupe parmi les formations indie-rock les plus enthousiasmantes de cette année.

‘Piano Player’, ‘Two Deliverances’, ‘Settle The Scar’, ‘End Of Reel’

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire