The Herbaliser – « Same As It Never Was »

Same As It Never Was[Album]
26/05/2008
(!K7/Pias)

Difficile de prévoir la tournure que va prendre un nouvel album de The Herbaliser, tant le duo a toujours pris soin de brouiller les pistes et se remettre en question durant ses quinze premières années de carrière. Et cela, même si jazz, funk, electro, dub, bandes originales de film, et hip hop du golden age, auront toujours servi de matière première à ces londoniens qui n’ont jamais cessé de prendre de l’ampleur, passant plus ou moins du statut de djs à celui de chefs d’orchestre. Après avoir adressé quelques clins d’oeil sans équivoque au hip hop sur « Something Wicked This Way Comes » et « Take London« , leurs deux derniers albums studio en date, Jake Wherry et Ollie Teeba retournent au fourneau et ressortent un sixième opus à forte teneur soul/funk, sans équivalent dans leur discographie

Frappé d’une énergie communicatrice, ce « Same As It Never Was » porte ainsi fièrement son titre, d’autant plus qu’il marque comme un tournant chez The Herbaliser qui, pour le coup, prend ses distances avec Ninja Tune pour rejoindre les Allemands de !K7, et s’offrir les services adéquats d’une nouvelle chanteuse principale en la personne de la jeune Jessica Darling, tout comme ceux de cinq musiciens désormais attitrés, tous beaucoup plus impliqués qu’auparavant dans le processus de composition. Sans compter sur le légendaire bassiste Pino Palladino (De La Soul, Erykah Badu, The Who…) venu enrichir quatre de ces douze nouveaux titres

Pas de doute, voilà qui rendra ces deux Anglais familiers des centaines de milliers d’oreilles convaincues récemment par le plus mainstream Mark Ronson, ou Amy Winehouse (« On Your Knees ») même si la diva cocaïnée n’a clairement pas un public aussi jeune et urbain. Car la touche hip hop est bien présente malgré tout (« Just Won’t Stop » feat leur compatriote Yungun aka Essa, « Street Karma » feat la fidèle Jean Grae), toujours plus subtile car enrichie par les nombreuses influences du groupe qui en fait un cocktail explosif. Illustration dés l’ouverture qui donne son nom à l’album, dés cet hymne cuivré, générateur de bonne humeur, parfait pour de grands moments d’hystérie collective

Mais le séisme « Same As It Never Was » connaîtra ensuite quelques répliques toutes aussi destructrices, comme sur les très seventies « The Next Spot », le fin et plein d’humour « Amores Bongo », ou le remonté « Can’t Help This Feeling » sur lequel la tigresse Jessica Darling cache sans peine ses vingt deux ans d’âge. Voilà quelques préférences qui ne font en rien de ce « Same As It Never Was » un album en kit. Bien au contraire, l’expérience de The Herbaliser garantissant un maximum de cohérence et de diversité pour que l’auditeur y trouve une petite heure de bonheur assuré. Incontestablement, le duo franchit une nouvelle fois un palier, se présente plus que jamais en fervent défenseur d’une musique qualitative et sans oeillère

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