The Heavy – « The Glorious Dead »

heavy180Album
(Counter Records)
20/08/2012
Soul rock

Fort de deux albums attestant de son indéniable montée en puissance, The Heavy aborde le stade du troisième avec la sortie de « The Glorious Dead », successeur pour le moins attendu du très réussi « The House That Dirt Built » paru il y a trois ans, comme du maxi « How You Like Me Now » qui, quelques mois plus tard, voyait le groupe collaborer avec les Dap Kings, backing band de l’irrésistible Sharon Jones. Le combo anglais ayant glané une certaine crédibilité auprès du public soul/funk grâce au son authentique qui a toujours été le sien, ce rapprochement éphémère n’aura finalement étonné personne. Mieux, il n’aura fait que décupler l’impatience de l’entendre à nouveau.

Trop peut être. Car, bien qu’il excelle dans son savant mélange de black music, The Heavy peine quelque peu à se renouveler. A défaut, il parvient à conserver cette fraicheur caractéristique qui se dégage de chacune de ses compositions. Pas de réelle innovation donc au menu de « The Glorious Dead », plutôt une version plus rock (« Just My Luck ») et édulcorée (« Be Mine ») que par le passé qui, sous ses airs vintage et rauques qui font son verni d’authenticité, ose à peine dissimuler des ambitions débordantes, une envie de toucher un large public quand les Daptone et Truth & Soul ciblent avant tout les puristes du genre. Pour preuve, à l’image de « Big Bad Wolf » extrait du maxi et proposé ici dans une version plus lisse, The Heavy aura une nouvelle fois succombé aux charmes des agences de pub qui ne peuvent s’empêcher de voir dans son oeuvre une musique résolument actuelle, faussement pointue et multi-générationnelle, taillée pour vendre une bagnole ou un blue jean.

Cette fois, avec son premier single « What Makes a Good Man? », c’est de la bière que The Heavy vous vend. Pourquoi pas, mais difficile alors d’aborder le morceau – aussi bon soit-il – sans penser à la mousse qui va autour. Et le souci, c’est que ce titre ne fera certainement pas figure d’exception au sein de cet album si efficace et d’un naturel si déconcertant qu’on se force à croire qu’il n’a pas été pensé dans ce seul et unique but (« Curse Me Good »). C’est donc en attendant que le temps fasse son oeuvre que l’on se délecte de la force de frappe des Britanniques quand ils marient cuivres, guitares électriques et percussions (« Can’t Play Dead »), ou quand ils usent de leurs aptitudes à tirer les ficelles de la mélancolie (le bluesy et acoustique « The Lonesome Road », la soul écorchée du final « Blood Dirt Love Stop »). Définitivement libéré et plus que jamais à l’aise dans son élément, peut être que The Heavy portera désormais un peu plus son attention sur l’importance de ne pas griller ses meilleures compositions pour le compte d’une grande industrie qui les tuera dans l’oeuf, pour mieux les réserver à son public. A bon entendeur…

itunes8

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