The Go! Team – ‘The Scene Between’

Album / Memphis Industries / 30.03.2015
Pop kaléidoscopique

Depuis 2004 et la sortie de ‘Thunder, Lightning, Strike’, on s’était habitué à ces éclaircies régulières qui, le temps d’un disque, dissipaient la grisaille et faisaient gicler une rasade de bonne humeur pétillante sur nos cranes en proie à la dépression. On croyait même que la menace du réchauffement climatique prendrait une tournure un peu moins grave en s’accompagnant de bouffées de chaleur qu’on aurait logiquement pensé plus rapprochées. Paradoxalement, et depuis son dernier opus ‘Rolling Blackouts‘ (2011), The Go! Team a pris l’habitude de s’octroyer le temps de se faire oublier, comme s’il était interdit de s’accommoder des bonnes choses.

La révolution musicale n’étant jamais vraiment au programme de Ian Parton, voilà peut-être un mal pour un bien, une bonne stratégie pour atténuer le côté prévisible de chacun de ses disques. Car ‘The Scene Between’ l’est assurément, au moins autant que ses ainés, mais il tombe bien tant il karchèrise des décors de vie qu’on nous peint tout en noir sans même nous demander notre consentement. Avec douze nouveaux titres des plus spontanés, il amène avec lui un bonheur communicatif, une joie de vivre qui replonge illico les vieux cons dans l’insouciance et la plus grande naïveté de leur adolescence, ce temps ou l’action primait généralement sur la réflexion.

Chez The Go! Team, à l’image de ce bruit de canette qui ouvre l’album, on trinque donc plus qu’on ne se masturbe l’esprit, et on boit à grandes gorgées. Et à chaque goulée son tube (ou presque), qu’il soit porté par des mélodies imparables et affutées (‘What d’You Say?’), ou cette science redoutable du refrain accrocheur (‘The Scene Between’) qui germe sans cesse de l’esprit d’un Parton pas moins imaginatif quand il s’agit de composer (les multiples couches qui font ‘Blowtorch’), ou de lancer des invitations sublimant toujours sa musique (l’accent chinois de Atom sur ‘Did You Know?’).

Plus réservée, moins scintillante, moins tubesque en somme, la seconde moitié du disque empêche The Go! Team de tomber dans les travers qui ont parfois poussé l’auditeur dans un sentiment d’overdose par le passé. Pop sur ‘Catch Me On The Rebound’, shoegaze sur ‘Her Last Wave’, gospel sur ‘The Art Of Getting By’, mais toujours avec cette approche particulière et lumineuse qui caractérise Parton, cette fin de course est à deux doigts d’emmener cet univers immédiatement reconnaissable vers des horizons nouveaux. Tant qu’il y a The Go! Team, il y a donc de l’espoir.

‘What d’You Say?’, ‘The Scene Between’, ‘Blowtorch’, ‘The Art Of Getting By’

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