The Elektrocution – « Trouble Magnet »

elek180Album
(Pyromane)
24/01/2011
Rock n’roll

Putain de merde. Cinq ans que « Open Heart Surgery« , premier album rutilant et incisif de The Elektrocution, était venu faire de nos oreilles de véritables filets d’escalopes à la sauce normande. Plus remonté que jamais, le combo rouennais balançait alors, en une grosse dizaine de titres, sa propre vision d’un rock n’roll qui vous prenait à la gorge, la serrait sans ménagement pour finalement vous laisser le souffle court. Puis plus rien. Jusqu’en 2008 et « Rise To The Sun« , humble Ep qui, en plus de rappeler son existence aux plus gaillards d’entre nous et annoncer la sortie d’un prochain album, prouvait avec brio que l’intention du quintet était restée intacte.

2011, on y est: The Elektrocution sert les fesses, frappe à la porte, prêt qu’il est à passer l’impitoyable examen de confirmation. Faire mieux reviendrait certainement à stagner, moins bien serait impensable, pour ne pas dire impardonnable. Il fallait donc faire aussi bien mais autrement, se visser sur la base on ne peut plus solide du premier opus tout en dévoilant un univers plus affirmé et une maturité plus grande. Cela, « Trouble Magnet » y parvient sans le moindre mal, mais pourrait bien dérouter quelques fidèles par des compositions généralement plus souples, plus rock à papa façon The Hellacopters (« Everything I Touch I Break », « Goddamn ») que les boulets de canon hardcore n’roll d’antan dont on retrouve cependant encore quelques traces de poudre (l’excellent « Sweet Caroline », « Out Of Breath », « Trouble Magnet »).

Pourtant, The Elektrocution perd ici en énergie ce qu’il gagne en mélodie (l’imparable tube « Somewhere Else », « Biting The Dust »), titille plus volontiers les penchants seventies chers à Tokyo Sex Destruction que son rock bélier originel (« Crystal Clear »), flirte même parfois avec la pop (« Babylon By Bus »), ou tente avec succès de s’emparer du blues (« Rise To The Sun », « La Cour Des Miracles »). C’est indéniable, le combo a enrichi son jeu, souffle à chaque tour, prend désormais le temps d’abattre ses meilleures cartes et s’interdit le bluff. Presque de quoi pousser les mauvais perdants à admettre que The Elektrocution maitrise autant l’adversaire que son art.

Disponible sur
itunes11

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