The Decemberists – « The King Is Dead »

dec180Album
(Rough Trade)
12/01/2011
Indie folk

Maintenant que Colin Meloy a pu assouvir son penchant pour l’opéra-rock avec leur précédent album, The Decemberists peuvent désormais se concentrer à nouveau sur ce qu’ils savent faire de mieux, à savoir de l’indie-folk. Certes, « The Hazzards Of Love » était un disque courageux et parfois surprenant mais, pour tout dire, guère emballant. La faute, entre autre, à sa mise en son pleine de vilaines guitares très heavy peu à-propos et jurant beaucoup au sein de l’univers habituel du groupe, et ainsi qu’à une tendance à flirter inconsciemment avec le progressif le moins élégant. Sainement, The Decemberists se mettaient alors en danger sur le plan artistique mais pour, au final, faire machine arrière et ce dans l’intérêt de tous, eux en premier lieu.

Quid donc de ce sixième album? D’abord, des chansons, des vraies, de celles qui se retiennent, se fredonnent et semblent évidentes. Tiendront-elles la durée et les écoutes répétées? Rien n’est moins sûr, mais dans l’immédiat leurs superbes efficacités mélodiques ravissent au plus haut point et le charme peut à nouveau opérer. L’ambiance est des plus boisées, l’humeur bucolique et les mélopées acoustiques. Pour se faire, Meloy et les siens ont ressorti accordéon, contrebasse et harmonica, appuyant plus encore par ce biais leur volonté d’un retour aux sources, leur recherche d’une certaine forme de pureté originelle. Mettant à profit cette assurance acquise à la force du poignet lors de tournées incessantes autour du globe, on sent, dès les premières écoutes, qu’il y a ici du métier: l’écriture est simple mais précieuse et rien n’a, semble-t-il, été laissé au hasard, chaque gimmick se devant de produire son effet et enthousiasmer l’auditeur transi. Alors, peut-être se trompe-t-on, mais ce disque donne le sentiment que Meloy fut blessé par l’incompréhension généralisée face à son opéra-rock ainsi que l’accueil qui s’en suivit, et que sa réaction fut le sursaut d’orgueil. « Vous n’avez pas voulu me suivre? Qu’à cela ne tienne, vous allez maintenant mordre la poussière! » paraît nous dire l’ingénieux songwriter tout au long de ce disque aux accents très folk, parfois à la limite de la country. Et il ne se contentera pas de nous voir un genou à terre mais désire ardemment nous terrasser, en atteste les euphorisantes découvertes de l’introductif et entêtant « Don’t Carry It All », de  l’entraînant « Down By The Water » et du très tubesque « This Is Why We Fight ».

C’est à la fois toute la force mais aussi toute la faiblesse de « The King Is Dead » que d’être si évident qu’il pourrait sembler sans caractère, trop classique dans sa forme, pas assez risqué dans le fond: preuves pourraient en être ces écoutes seulement en fond sonore que rien ne paraît venir vraiment perturber. Pour autant, ceux qui sauront trouver le touche du volume et pousser le son de leur chaîne découvriront une série de titres qui, à défaut d’être renversants, sont sacrément additifs. Le genre de chanson que l’on présente communément comme single potentiel. À la nuance près que The Decemberists viennent eux, ces jours-ci, d’en enregistrer dix d’un coup et en ont fait un album. Soit un événement suffisamment réjouissant pour être signalé dignement comme il se doit.

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