The Chemical Brothers – ‘Born In The Echoes’

Album / Virgin EMI / 17.07.2015
Big beat invincible

Inébranlables. C’est l’adjectif qui vient à l’esprit lorsqu’on apprend la sortie de ce huitième album studio, vingt ans après un premier toujours présent sur l’étagère des classiques. Difficile effectivement d’apercevoir une ride sur les visages de ces amis approchant pourtant les 45 ans, sans accuser la moindre baisse de régime dans leur rythme discographique. A vrai dire, on croyait même que l’euphorique ‘Further’ – dernier opus en date sorti en 2010 – aurait pu mettre un point final à leur carrière tant il était la somme de tous leurs talents. ‘Born in the Echoes’ est néanmoins la preuve en onze titres que la machine en a encore sous le capot.

Bien ancré dans sa routine, le duo pond des singles sur commande. Ainsi, l’album démarre sur trois hymnes qui continuent d’alimenter sa définition de la pop, en faisant attention de ne jamais tomber dans le puits sans fond de la musique mainstream, même s’il feinte parfois d’y plonger. L’intro ‘Sometimes I Feel So Deserted’, le technoïde ‘Under Neon Lights’ et le tube ‘Go’ (avec Q-Tip, l’ancien meneur de A Tribe Called Quest) jettent alors des refrains et mélodies fédérateurs à la face d’un public aujourd’hui multigénérationnel. Tout en sonnant actuels, Tom Rowlands et Ed Simmons signent inlassablement leurs morceaux avec ce grain inimitable, et conservent ainsi cette empreinte si charmante des années 90 (‘ELM Ritual’).

Si on les imagine parfois tourner en rond et chercher de nouvelles recettes (‘Just Bang’ ou ‘Radiate’, le traditionnel morceau calme de fin d’album), on arrive au constat bien connu que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures. Au-delà d’une poignée de titres qui n’ont pas été touchés par l’étincelle habituelle (le monotone ‘Taste of Honey’ ou un ‘Wide Open’ à la limite de la soupe malgré la présence de Beck), on se réjouit des accents rave de ‘Reflexion’ et du bien à eux ‘I’ll See You There’ rappelant un certain ‘Song to the Siren’… Revival acid, musique solidement taillée pour le live, ou simple nostalgie: peu importe ce qui nous touche encore chez les Chemical Brothers puisqu’on sait déjà qu’ils nous enterreront tous.

‘Sometimes I Feel So Deserted’, ‘I’ll See You There’, ‘Reflexion’

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