The Bug – « London Zoo »

London Zoo[Album]
07/07/2008
(Ninja Tune/Pias)

En moins de temps qu’il n’en faut pour expliquer à quoi ça ressemble à un fan de Johnny, le dubstep londonien aura infiltré la plupart des scènes électroniques internationales. En attendant que la mode passe, car elle passera comme tant d’autres avant elle, il faut reconnaître que le genre nous aura donné un paquet de bons disques ces trois ou quatre dernières années, propulsant même d’illustres inconnus au rang de stars de l’underground.

Kevin Martin a été l’un des tout premiers artistes déjà dans le circuit international à suivre les évolutions du mouvement dubstep. La chose était d’ailleurs presque logique lorsqu’on connaît le parcours de l’Anglais. Pendant qu’il décoiffait les fans d’indus et de noise dans des groupes comme Techno Animal ou ICE, le bonhomme explorait aussi le coté expérimental du hip hop instrumental sous le nom de The Bug (cf. son « Tapping The Conversation » avec Dj Vadim sur le label Wordsound). En grand amateur de musiques jamaïquaines, il joua également un rôle prédominant dans la vulgarisation du dub auprès d’un public plutôt amateur de musiques extrêmes. La compilation « Macro Dub Infection » dont il était le selector reste d’ailleurs une entrée en matière toujours très pertinente

Son « London Zoo » qui nous intéresse aujourd’hui résume donc plutôt bien l’histoire musicale de Kevin Martin. Comprendre par là que ça ne rentre dans aucune case précise, mais que ça emprunte beaucoup au dancehall, au dubstep, au hip hop et au dub, le tout dans une ambiance ultra-sombre et inquiétante. L’ironie, c’est qu’il y a toutefois peu de chance pour que ça plaise aux fans purs et durs de dancehall, de dubstep, de hip hop ou de dub justement. En revanche, ça plaira plus certainement aux fans d’ambiance ultra-sombre et inquiétante. C’est d’ailleurs peut-être l’une des particularités constantes de Martin, les puristes des genres qu’il revisite n’aiment généralement pas. Bon signe ou pas, à vous de vous faire votre opinion

En l’occurrence, ce « London Zoo » a quand même quelques titres à son tracklisting qui ont de quoi faire saigner tout dance-floor un poil initié. « Angry », « Jah War » ou « Poison Dart » devraient par exemple faire trembler vos murs. Surtout que Kevin Martin a eu la bonne idée d’inviter pas mal de potes derrière le micro. Et avouons que ça pose quelques jalons dans ce magma d’infrabasses et de beats pachydermiques. Ricky Ranking (le backer de Roots Manuva), Flowdan, Tippa Irie, Aya, Warrior Queen, Spaceape (qui lui accompagne souvent Kode9), Killa P et Roger Robinson se relaient donc pour colorer tel ou tel titre de pigmentations plus ragga ou reggae roots

Si vous n’êtes pas allergique à toute musique dansante, on vous conseillera donc ce « London Zoo » qui redonnerait même quelques couleurs au label Ninja Tune qui paraît plutôt palot ces derniers temps. Pour les autres, il reste toujours le bar..

Ecoutez un extrait ici.

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