The Budos Band – « 2 »

2[Album]
17/09/2007
(Ter à Terre/Discograph)

Quand vous êtes onze instrumentistes dans un groupe, vous pouvez toujours vous dire que si ça ne marche pas dans la musique, vous pourrez au moins vous reconvertir dans le foot. Sans savoir comment ils se débrouillent avec un ballon dans une surface de réparation, on souhaite néanmoins au Budos Band de nous pondre des disques le plus longtemps possible. Surtout s’ils sont du niveau de leurs deux premiers albums..

A nouveau sorti sur Daptone (et en licence chez Ter a Terre pour la France), ce nouvel effort de The Budos Band perpétue la bonne surprise du premier opus. Le contraire nous aurait honnêtement étonné de la part d’un groupe entraîné par Tom Brenneck, le guitariste des Dap-Kings de Sharon Jones (qui backent aussi la Miss Winehouse). Si vous connaissez les noms précités, vous savez déjà qu’on va parler de groove vintage dans cette chronique

Et effectivement les supporters de Sharon Jones, Sugarmen 3 ou Antibalas qui ne connaissent pas encore The Budos Band feraient bien de se ruer chez leur disquaire préféré (rassurez-moi, il en reste?) s’ils veulent encore augmenter la température de leur platine. Si le premier album driblait habilement entre afro beat, latin jazz et funk à l’ancienne, ce nouvel album se recentre plus foncièrement sur ce dernier aspect, encore que certains titres (« Budos Rising », « King Cobra », « Origin Of Man »…) ne dépareilleraient pas vraiment à côté du jazz éthiopien de Mulatu Astatke

L’album met d’accord d’entrée de jeu avec une relecture complètement transcendée de « Na Na Na Yeh Kya Karne Lage Ho », plus simplement rebaptisée pour l’occasion « Chicago Falcon », qui est au départ un thème composé par le duo star de la musique de film pour Bollywood, Kalyanji & Anandji. Ca groove, ça clappe, ça claironne, ça vrombit, bref ça vous met en branle pendant les trois minutes, et je vous vois mal ne pas en redemander à la fin du morceau. C’est même un des points forts du groupe: contrairement à beaucoup de ses pairs, The Budos Band affectionne le format court (la plupart des titres ne dépasse pas les quatre minutes) et ça facilite d’autant plus l’addiction que vous en sortez souvent frustrés. Les dix instrumentaux se succèdent ainsi sans sourciller, imposant leur rythme chaloupé tout droit sorti d’un film de la Blaxploitation (cf. « Adeniji » et ses flûtes qui plairont à Herbaliser, ou leur reprise enflammée de « My Girl » des Temptations)

Moins d’une mi-temps aura suffi à The Budos Band pour vous mettre une jolie déculottée dont vous vous rappellerez un bon moment. Quand on y pense, il y aurait peut-être une ou deux équipes de foot qui auraient tout à gagner à se mettre au funk

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