The Breeders – ‘All Nerve’

The Breeders – ‘All Nerve’

Album / 4AD / 02.03.2018
Indie rock


Ecouter les Breeders, c’est inévitablement replonger dans l’univers grunge des 90’s, les après-midis passés devant MTV en attendant qu’un(e) pote ne débarque en vélo pour aller louer une cassette vidéo, la vie sans téléphone portable où les rendez-vous donnés tenaient pour écriture sainte. On se souvient surtout de l’intro de Cannonball, de cet ‘Aouh’ si singulier, tel un chant de moines bouddhistes aux tuniques sans doutes déchirées (grunge obligeant), et de cette basse que Kim Deal manie depuis qu’elle a répondu à une annonce absurde dans un journal local pour devenir la bassiste des Pixies sept ans plus tôt (elle était la seule à avoir répondu à l’annonce qui disait ‘no chops’ : pas de talent).

Plus de deux décennies plus tard, et dix ans après leur dernier album, les Breeders reviennent à la formule qui a fait le succès de leurs premiers opus. Le lineup est exactement le même que celui de Last Splash en 1993 (Kim et sa sœur jumelle Kelley, Josephine Wiggs à la basse et Jim Macpherson à la batterie) et Steve Albini, déjà producteur de Pod en 1990, est ici à nouveau derrière les consoles pour la chanson titre, une ballade romantique aux tournures sonores distordues.

Et de fait, All Nerve se situe dans la continuité directe du son qui les a définies, à savoir un mélange de distorsions menaçantes et de voix éthérées. Wait in The Car accueille l’auditeur avec un ‘Good Morning!’ enjoué, suivi de mélodies travaillées sur une rythmique efficace. La berceuse nocturne Spacewoman explose en douceur tandis que Howl At The Summit émerveille avec ses accompagnements d’arrière-plan et le chant frontal de Kim. Dawn : Making an Effort commence tel un lever de soleil plein d’espoir et affirme son existence au sein du genre dream-pop avec un chœur issu des années 50. On sent que le groupe d’Ohio n’essaye pas, et n’a pas besoin de se renouveler : l’idée est de faire ce qu’elles savent bien faire, et ce sur des chansons denses et courtes, la durée moyenne étant de trois minutes.

En 1991, âgée alors de 30 ans et esclave de la cocaine, Kim Deal s’enferme chez elle des jours durant, dans l’isolement le plus complet. Possédant une copie des clés, ses parents entrent un jour sans prévenir pour lui faire un coucou. Suite à l’échange paranoïaque qui s’ensuit, Kim décide de complètement se barricader au sein de sa maison en utilisant chaînes et cadenas. Quand ses parents reviennent, rien à faire, la porte est scellée. Mais quand Kim sort de chez elle quelques jours plus tard pour aller faire les courses, elle découvre une inscription au rouge à lèvre sur la porte d’entrée blanche : ‘I love you!’ signé par sa mère. Cette anecdote résume à elle seule le son des Breeders : une tendresse nerveuse, tantôt apeurée et méfiante, tantôt généreuse et pleine de grâce. Un mélange qu’on retrouve ici avec joie.

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A ECOUTER EN PRIORITE
All Nerve, Blues at the Acropolis, Spacewoman


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