The Bewitched Hands – « Vampiric Way »

bewi180Album
(Sony)
24/09/2012
Indie pop

Deux ans après la sortie de « Birds & Drums« , nous serions d’une extrême mauvaise foi si nous temporisions aujourd’hui l’enthousiasme qui nous habitait alors. Non seulement ce premier album des Bewitched Hands venait couronner un talent dont seuls quelques initiés avaient jusque-là la certitude, mais il offrait aussi un espoir incommensurable à ceux, bercés par le rock des années 90, qui s’étaient résignés de connaitre un jour en France un groupe de pop anglophone qui tienne véritablement la route. Si, le temps passant, le disque a inévitablement pris la poussière, il suffit pourtant que retentisse encore aujourd’hui les incontestables tubes que sont « Birds & Drums », « Work » ou « Sea » pour que le monde redevienne un karaoké géant.

C’est peut être pour cette raison que les Bewitched Hands n’ont pas vraiment revu les fondations de leur registre. Ainsi, « Vampiric Way » s’inscrit dans la suite logique de son prédécesseur, un ton en dessous malheureusement tant le naturel évident avec lequel ils alignaient les hymnes pop en 2010 semble s’être quelque peu volatilisé. « Westminster », qui ouvre le bal de façon assez poussive, l’illustre d’ailleurs assez justement, aussi fade qu’il est aux côtés du single « Thank You, Goodbye, It’s Over » qui s’impose très logiquement tant il n’est que la récitation d’une recette apprise par coeur. Manifestement, si la difficulté qu’a le deuxième album à confirmer est souvent considérée comme une planque journalistique, elle est donc partie pour se vérifier tout au long de ce nouveau disque. Dès lors, on attend au détour de chacun des morceaux de quoi nous faire mentir, pour finalement arriver au constat que les Bewitched Hands ne sont qu’un groupe sympathique que l’on a peut être vu trop beau dans l’enthousiasme d’un revival 90 alors naissant.

Si c’est vraiment le cas, rien heureusement ne vient remettre en cause sa légitimité, plus encore à une époque ou un groupe placé sur un tel piédestal n’a que peu de temps pour toucher et conserver son public. A nous simplement de revenir à la réalité et d’apprécier à leur juste valeur ces quelques turbines pop qui, en tentant d’égaler l’efficacité de leurs ainées, n’ont finalement plus d’autres ressources que de seulement rendre hommage à un certain héritage musical (« 50’s Are Good », « Ah! Ah! Ah! Ah! », « Modern Dance »), y compris le plus inavouable (« Boss » et ses relents de Madness, « The Laws Of Walls » chatouillant Abba). Comble du comble, aussi efficaces soient-elles, elles ne font pas pour autant oublier d’autres compositions (« Words Can Let You Down », « She Bewitched Me », « Vampiric Way ») rendues prévisibles et ennuyeuses par ce qui faisait autrefois la force du groupe, notamment l’aspect pastoral et psychédélique de son registre. L’ultime preuve que les Bewitched Hands tournent en rond, filent le tournis, et finissent de fondre cet album particulièrement attendu dans une triste indifférence.

itunes20

En écoute intégrale

À lire ou écouter également:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire