The Antlers – « Burst Apart »

ant180Album
(Frenchkiss)
16/05/2011
Indie rock

Comme le punk aux origines, la musique de The Antlers n’est pas de celle dont on fait des paillettes et des couvertures de magazines. Comme les plus grands punks des seventies, le chant de Peter Silberman puise dans les abysses de son moi intérieur pour exprimer un profond mal-être. Si les références au mouvement peuvent se révéler flatteuses, elles n’iront pas plus loin. Les compositions à la fois splendides et légères des new-yorkais sont plus douces qu’une peau de bébé. Seulement, ici, l’enfant a grandi à travers les péripéties quotidiennes et voit désormais la réalité telle qu’elle est: malaisée.

D’une tendresse qui béatifie le cœur, « Burst Apart » est un album excentrique sur une identité en perdition. Rock, pop, orchestrées ou simplifiées: les dix nouvelles chansons de The Antlers se fondent dans le chagrin pour mieux arpenter l’auditeur. Fini la terreur de « Hospice », leur troisième album, les new-yorkais exhument tout sur leur passage avec des titres comme « No Windows », « Parantheses » ou encore « Corsicana » où l’obscurité se reféconde au contact d’une nostalgie aussi exceptionnelle que rare. « Burst Apart » est certes d’un pessimisme obsessionnel, mais grâce à cette intransigeance les membres du groupe se sont inventés leur propre vision: ne faisant pas partie de leur époque, ils préfèrent rester indéfiniment seuls et largués. Du moins, dans leur réalité. Car côté musique, l’album fait partie de ces disques que l’on garde fort contre soi parce qu’on y parle de ses peines, de ses regrets et de sa place dans le monde.

Composés par déflagrations discrètes mais paradoxalement dévastatrices, les titres de ce quatrième album confrontent un chant du cygne, celui de Peter Silberman, à des relents de douleur et de rancœur d’une musique certainement marquée par la tragédie. Un détail macabre mais qui en dit long. On pourrait déblatérer des heures entières sur le questionnement incessant de cette formation, mais une chose est sure, l’émotion ne s’est pas perdue en chemin.

Disponible sur
itunes4

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