Thavius Beck – « The Most Beautiful Ugly »

tb180Album
(Plug Research)
29/10/2012
Electro hip hop

On avait laissé Thavius Beck en 2009 chez Big Dada sur un excellent « Dialogue« , le voilà qui revient trois ans plus tard pour le compte de Plug Research, label qui a notamment accroché Flying Lotus et John Tejada à son palmarès. Entre temps, comme à son habitude, le natif de Minnesota a multiplié les collaborations, mais s’est surtout familiarisé avec Ableton – séquenceur audio taillé pour le live – jusqu’à en devenir expert, et former des artistes comme Photek ou Dr Dre à sa pratique. Plus que les rencontres que le producteur a pu faire depuis son dernier opus, c’est sans conteste cette nouvelle approche qui a influencé les compositions de « The Most Beautiful Ugly »: un nouvel album ou Thavius Beck s’offre une nouvelle fois une totale liberté.

Guidé par sa seule inspiration, débarrassé comme toujours de quelconques considérations qui pourraient influencer son oeuvre, le résident californien laisse donc libre cours à ses expérimentations electro hip hop. De quoi faire un peu flipper sur le papier, mais qui s’éclaircit dès « Eyes Of The Beeholder » ouvrant l’album sur un beat efficace et des sonorités piquées à la science fiction. Dès lors, en ciblant si justement le juste milieu entre basiques hip hop et expériences de production, chacun y trouve son compte, qu’on ne jure que par la tradition ou l’originalité (« Break Til Broken », « Atmos »).

C’est donc bien calé entre ces deux rails bien espacés, et auréolé d’un savoir faire à toute épreuve, que Thavius Beck avance serein, signant sur son passage des productions assez marquantes, massives et variées pour qu’elles incarnent à elles-seules toute la réussite, la puissance et la diversité de cet album dynamisé par des titres courts et des enchainements bien pensés. Parmi elles, « Abv » dont la petite mélodie semble siffler La Denrée pour qu’il descende de sa soucoupe (désolé pour la référence), « Feel Me/Fear Me » jetant de grossiers clins d’oeil à The Glitch Mob, « Labward Bound » et sa trompette jazz dépaysée, ainsi que quelques uppercuts plus efficaces qu’originaux (« Joy (Bring It) »). Mais, et c’est trop rare chez les albums instrumentaux pour ne pas le rappeler: pas de gratin sans la crème qui se cache en dessous. Thavius Beck signe ici un (quasi) sans faute.

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En écoute intégrale

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