Thavius Beck – « Dialogue »

thav180Album
(Big Dada)
05/10/2009
Electro hip hop

S’il n’est pas apparu à son propre compte depuis un bail, Thavius Beck n’a pas pour autant été inactif ces dernières années, notamment depuis « Thru » sorti chez Mush en 2006. C’est plutôt à partir de là que les choses se sont emballées pour lui, qu’il s’est débarrassé du statut d’éternel producteur indé pour mieux aller se frotter aux grands de ce monde. En effet, au delà de ses contributions aux oeuvres de Busdriver, Daedelus, et K-The-I???, c’est surtout celles aux côtés de Saul Williams (« The Rise and Liberation of NiggyTardust ») et de Nine Inch Nails (« Y34RZ3R0R3M1X3D ») qui l’auront extirpé de l’ombre. Ce qui offre une toute autre attention à « Dialogue », un nouvel album solo chez Big Dada, censé enfoncer le clou. Bingo, à entendre la quinzaine de titres réunis ici, le producteur a incontestablement élevé son niveau d’un cran, comme si l’expérience récemment acquise se répercutait inévitablement sur ces nouveaux morceaux. En effet, plus que jamais, Thavius Beck arrose son hip hop d’une réelle personnalité qu’il faut autant aller chercher dans les beats que dans les ambiances dictées par un choix de sonorités souvent glaciales et tranchantes (« Violence », « And The Beat Goes On »), tout en favorisant la cohérence comme une agréable diversité, chose assez rare quand beaucoup se confinent à la déclinaison d’une seule et même recette. La « faute » à quelques influences actuelles – prog rock, jazz rock, indus – qui, au même titre que soul/funk, grime et reggae, auront réellement influé sur ce disque. Mais, comme le prouve la présence de deux instrumentaux seulement (l’excellent « Painful », « 4 Part 2 »), les atouts de Beck ne s’arrêtent pas à la musique: à ceux qui l’auraient trop vite oublié, l’Américain rappelle aussi qu’il n’a rien à envier aux nombreux Mcs qu’il côtoie, une discipline dont il s’est fait maitre du temps de Global Phlowtations et qui l’amène aujourd’hui, grâce à sa malléabilité vocale, à titiller sur leur terrain des maitres de dextérité comme Aesop Rock (« Go! », « Burn » parmi les meilleurs titres de cet album avec « Hardcore » et l’imparable « Pressure »). Avec une telle palette de possibilités à sa disposition, Thavius Beck accouche donc seul, à l’exception de Subtitle et Debmaster rapidement de passage, d’un « Dialogue » qui a eu le nez fin d’opter pour des titres courts, garantissant ainsi à l’auditeur d’échapper à la lassitude habituelle émanant de projets artistiquement pointus. L’autre signe d’un travail abouti qui nous éclate aujourd’hui en pleine figure.

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