Terranova – « Digital Tenderness »

Digital Tenderness[Album]
17/09/2004
(Recall/Discograph)

Terranova, c’est tout d’abord un groupe un peu mystérieux, dont le deuxième album « Hitchhiking Non-Stop With No Particular Destination » était radicalement différent du premier, et qui brouillait encore les pistes avec ses deux albums de B-Sides et de remixes. Passant facilement du trip hop le plus déprimant (« Plastic Stress ») à l’anthem revendicatif à mort presque jungle (« Equal Right »), ce collectif restant apparemment volontairement dans l’ombre semble capable de nous pondre à peu près n’importe quelle bombe dans n’importe quel genre électronique, tout en trouvant encore le temps de faire joujou au sein de projets solo (l’album de Kaos sous le nom de Ghost Cauldron ou le side-project Cosmonauts of Innerspace)

On ne peut donc pas dire qu’on est vraiment surpris de perdre totalement ses marques à l’écoute de ‘Digital Tenderness’, même si contrairement au deuxième album, on se retrouve là complètement largué face à quelque chose qui n’a plus rien à voir. On essaye de se rattraper en cherchant ses marques, on pense souvent à l’electro-clash, à des réminiscences acid ou même à des groupes plus tech/trancey du style de Crystal Method ou de DJ Rap, mais en tous cas, on ne pense jamais à Terranova. D’un dub/hip-hop/breakbeat/trip-hop à la tonalité plutôt chaude et parfois sensuelle, on est passé à quelque chose de plus dépouillé, de plus froid, de plus minimaliste et pour tout dire, de triste, évolution qui s’apparente un peu à ces grands écarts pendant lesquels on se demande si leur protagoniste va réussir à se relever

Après un peu plus d’écoutes, on retrouve quand même quelques pattes typiques du groupe, mais qui remontent plus à l’époque « Close The Door ». L’impression de désorientation reste quand même assez étourdissante pour qu’il soit particulièrement difficile de critiquer cet album avant qu’il ait mûri beaucoup plus dans la tête de son auditeur. Quelques morceaux se dégagent quand même à l’écoute, tels que « Hush », ou « Das Plan »

Mais en attendant la critique va être un peu plus fuyante que définitive : « Digital Tenderness » est pour l’instant correct et appréciable, et il va sûrement bien vieillir et gagner en arôme avec le temps, comme ces bouteilles de vin un peu trop capiteuses quand elles sont jeunes.

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