Telephone Jim Jesus – « Anywhere Out Of The Everything »

Anywhere Out Of The Everything[Album]
24/09/2007
(Anticon/Differ Ant)

De la nébuleuse Anticon qui aurait tendance à nous laisser sur notre faim au fur et à mesure qu’elle s’agrandit, les nouveaux rejetons effacant doucement les piliers du label, Telephone Jim Jesus est des plus discrets. Il n’en est pas moins actif, travaillant souvent dans l’ombre, occupant le siège ingrat de producteur au service des autres. Il ne fait pourtant aucun doute que George Chadwick, dans le civil, a clairement sa place au catalogue. Ne serait-ce que par son passé de rockeur, lorsqu’il s’amusait à ruiner les moindres endroits dans lesquels il passait avec son groupe qui comprenait déjà Dave Bryant et Matt Valerio, plus connus chez nous sous les noms de Passage et Bomarr. Avec eux, il montera d’ailleurs Restiform Bodies qui alla doucement lui ouvrir les portes de la reconnaissance de Sole et de ses potes, maîtres à penser et gourous artistiques d’Anticon. « A Point Too Far To Astronaut« , sorti en 2004, le lança dans son périple solo, et vint comme une récompense malgré quelques imperfections dignes d’un premier album.

Depuis, Telephone Jim Jesus a traversé l’Europe et plusieurs fois les Etats Unis. Il présente d’ailleurs « Anywhere Out Of The Everything » comme un carnet de bord marqué par la solitude et la folie d’une vie passée sur la route. Et pour cause, sans attache sur sa terre natale, George décide à la fin de sa tournée en compagnie de Sole et Pedestrian de rester en Europe, squattant entre Barcelone et Londres, en donnant quelques concerts pour pouvoir bouffer. Puis il retournera aux Etats Unis en optant pour une immersion dans une communauté vietnamienne à la Nouvelle Orléans juste après les ravages causés par l’ouragan Katrina. Vous me direz que c’est sa vie, que cela vous importe peu. Sauf que tous ces périples, ayant laissé avec eux quelques sons volés sur dictaphone, ont clairement un lien avec ce nouvel album qui restera, à l’instar du « Muted » d’Alias, une référence dont pourra longtemps se vanter Anticon

Car « Anywhere Out Of The Everything » vous happe dés l’entame pour ne plus vous lâcher jusqu’à ce que le dernier son de sa MPC retentisse. Une impression qui se fait sentir dés « Did You Hear? » hésitant entre folktronica et un downtempo aux ambiances aquatiques qu’il affectionne autant qu’Alias. Pas étonnant donc qu’on retrouve ce dernier sur « Birdstatic » dont la mélancolie acoustique n’est pas sans rappeler Boards Of Canada, une influence récurrente tout au long de ce disque même si elle ne vient jamais égratigner la personnalité musicale de Telephone Jim Jesus. Pour preuve, les nombreux titres absolument sublimes qui ponctuent ce tracklisting: « Featherfall » et son beat précipité sur les cordes d’Alex Kort (Subtle), le plus agressif « A Mouth Of Fingers » et un clin d’oeil à la bonne époque de Dj Shadow toujours bonne à prendre, « Faces All Melted » et sa rythmique chaloupée triturant la guitare tel Hood et Cornelius… Les impératifs de productivité nous ôteront les mots de la bouche et nous sauveront d’une chronique fleuve

Il n’y a pas à dire, Telephone Jim Jesus contraste avec les sorties de son label qui prennent malheureusement trop souvent des airs de vite fait bien fait. Se retrouver seul, face à lui-même, semble être la meilleure chose qui ait pu lui arriver tant cet album sonne aussi passionnant que ses dernières années ont pu être difficiles. Certains ont besoin de se faire violence pour tirer le meilleur d’eux-mêmes. Une méthode dont beaucoup devraient s’inspirer tant « Anywhere Out Of The Everything » restera finalement comme un beau voyage qu’on ne se lassera pas de raconter, et dont on aimera se repasser les photos en boucle

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