Ted Leo & The Pharmacists – « Living With The Living »

Living With The Living[Album]
01/03/2007
(Touch & Go/Pias)

Cela fait désormais dix ans que Ted Leo est, à raison, considéré comme un des acteurs incontournables de la scène rock de la côte Est des Etats Unis. Ayant d’abord sévi à New York au sein de quelques formations hardcore (Citizen’s Arrest, Animal Crackers), il alla ensuite à Washington DC pour rejoindre les rangs de Chisel, dont la renommée fit tache d’huile encore longtemps après sa disparition. Suivirent quelques projets personnels sans lendemain (dont The Sin Eaters avec son frère Danny et le bassiste de The Van Pelt), puis Ted Leo se prit en main en se lançant dans une carrière solo, entouré de The Pharmacists, backing band au line up variable. C’est alors que la carrière et la personnalité artistique de cet Américain connurent un véritable tournant. Exit le punk et le hardcore, c’est plutôt maintenant vers Billy Bragg et Alex Chilton qu’il faut aller chercher quelques ressemblances. En effet, après quelques changements de personnel, et une bonne poignée d’albums au compteur, l’Américain ressert une louche de sa patte si personnelle avec son premier opus pour le compte du classieux label Touch & Go

Énergie, inspiration, diversité, conviction, élasticité, sont quelques mots qui pourraient sans difficulté venir à l’esprit à l’écoute de Ted Leo & The Pharmacists. Encore et toujours, ce sont la voix et la guitare qui font une nouvelle fois office de fils rouges à ce « Living With The Living », produit par Brendan Canty (Fugazi), nous faisant passer par toutes les émotions. Car si la grande diversité de cet opus n’emmènera pas tout le monde avec lui, reste qu’il est impossible de remettre en question l’énorme talent de songwritter de notre homme. Et cela, qu’il s’engage sur le chemin d’un punk folk immédiat (« The Sons Of Cain ») ou à la bonne humeur irlandaise (« A Bottle Of Buckie »), d’un rock bien léché énergique (« The Lost Brigade », « CIA », « Who Do You Love? ») ou plus posé (le poignant « The Toro And The Toreador »), sur la voie des Kinks (« Army Bound »), ou des Clash avec le reggae/dub « The Unwanted Things »

Ted Leo, bien qu’avec un répertoire somme toute classique et très accessible, est une exception du rock contemporain. Notamment parce qu’il ne cesse de répéter cette même recette au fur et à mesure que ses albums sortent. Mais quand on se plonge dans les véritables tubes rappelant tour à tour Costello, Weezer, Fugazi que sont ici « Colleen », « La Costa Brava », et le très politisé « Bomb.Repeat.Bomb », impossible d’empoigner le bâton pour lui infliger une bonne leçon. Il ne nous reste plus qu’à attendre, bouche cousue, que ce grand bonhomme au talent incommensurable daigne prendre un peu plus de risque. Mais si tel n’est pas le cas, on se contentera encore largement d’un sixième album dans la même veine..

En écouteThe Sons Of CainColleen

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