Tame Impala – « Lonerism »

tame180Album
(Modular)
08/10/2012
Rock psyché

En 2010 sortait « Innerspeaker« , première vraie ligne discographique bluffante qui ressemblait à une machine à voyager dans les années 60. Avec cette arme musicale au poing, Tame Impala a logiquement attiré l’attention, récolté quelques trophées et nominations relativement prestigieuses. C’est fâcheux, mais il fallait s’y attendre: la bande essaye deux ans plus tard de revenir avec un deuxième premier album. Si « Lonerism » avait eu autant de cachet que son prédécesseur, on aurait pu lui déposer amicalement une deuxième couronne de lauriers sur le crâne, pour plaisirs psychédéliques rendus.

Ici, on a du mal à lâcher ce bouquet qui commence à se faner dès l’instant où démarre « Be Above It », intro poussive aux allures de Chemical Brothers, les effets secondaires de la drogue en tête. Enregistrement studio officiel et bien propre pour le premier album, prises à l’arrache dans une piaule comme pendant la tournée pour le deuxième, Kevin Parker a fait les choses à l’envers, et ça s’entend sur des morceaux parfois trop brouillons (« Endors-Toi »), où les australiens aiment superposer les nappes jusqu’à étouffer le chant (« Apocalypse Dreams »), appuyer inutilement sur les touches du synthétiseur (« Music To Walk Home By »), jusqu’à atteindre le pire (l’indigeste berceuse finale « Sun’s Coming Up »).

Victime volontaire de son isolement, comme (paradoxalement) de l’absence de pression sur ses épaules durant la composition, Tame Impala laisse d’abord penser que tout est perdu, avant de se débattre et parvenir temporairement à se dépêtrer du piège du second album. Alors, quelques pop-songs appréciables – mais souvent vite oubliées (« Mind Mischief », « Keep On Lying » aux arrangements grossiers et attachants, le sucré « Feels Like We Only Go Backwards ») – finissent par sortir du lot. Heureusement, une poignée de chansons aident finalement « Lonerism » à ne pas passer pour une navrante face B de « Innerspeaker »: l’épique « Elephant », le filtré « Nothing Has Happened » et enfin, le superbe « Why Won’t They Talk To Me » fidèle au pic d’émotion qu’on attendait tant. On ne revient donc pas bredouille de ce disque, mais il était moins une…

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