Tacteel – « Cheap Fun »

Cheap Fun[Maxi]
01/01/2006
(Institubes/Pias)

Depuis que des artistes de la trempe de Prefuse 73 ont définitivement prouvé qu’electro et hip hop pouvaient faire bon ménage, la scène française n’a pas tardé à suivre en révélant quelques-uns de ses meilleurs représentants en la matière. Feadz, désormais indissociable de la clique BPitch Control, Para One, révélé par le dernier album de TTC et quelques maxis de haute facture, ont donc préparé le terrain pour que Tacteel soit accueilli les bras ouverts par un public déjà averti.Egalement membre de la petite troupe parisienne en vogue, le géniteur de ce « Cheap Fun » est annoncé depuis quelques temps comme LA révélation française, destiné à une belle carrière depuis que Lex, sous division hip hop de Warp ayant sorti quelques-uns des meilleurs albums de ces dernières années, a annoncé avoir mis le grappin sur ce producteur prometteur. Ça ne se sera finalement pas fait. Car ce maxi de huit titres sort finalement chez Institubes, son propre label. Moins prestigieux certes, et encore..

On attendait donc beaucoup de ce « Cheap Fun », censé confirmer tout le buzz autour du bonhomme, en espérant que celui-ci ne tombe pas dans le phénomène eurocrunk à la durée de vie aussi courte que son qualificatif est ridicule. À vrai dire, on s’attendait à un Tacteel plus efficace et moins minimal, plus dancefloor en quelques sortes… Ce qui n’est finalement pas un défaut puisque sa musique se démarque ainsi de ses proches concurrents et risque bien de perdurer plus longtemps. Après une ouverture digne d’un Scott Herren, Tacteel fait résonner tout son talent avec un « Dressed In Polyester » massif, synthétique, et torturé, tandis que « Ou Va l’Argent? » se rapproche de l’ambiance du premier opus de Oizo, et que « Emofuck » ne puise dans un registre electro moins dense mais plus accrocheur grâce à ce sample virgule récurrent. Première partie réussie

Autre face, autre visage. Pour sa dernière ligne droite, le parisien opte pour un penchant musical beaucoup plus attendu pour ne pas dire téléphoné. Nous en parlions tout de suite, le dancefloor revient au galop avec « Now Do The », titre survitaminé duquel parvient quand même à s’extirper un flow samplé rappelant que le bonhomme vient du hip hop avant tout. Plus calme, la suite n’en sera que toute aussi dense, trop fouillie pour rester mémorable, « Beats Like That » et « Let You Know In Advance » n’étant malheureusement pas les meilleurs du cru. « Cheap Fun » laisse donc une impression mitigée, celle d’un producteur en vogue sous l’emprise du buzz. Si Tacteel laisse entrevoir un potentiel qui ne fait aucun doute, il semble encore trop s’éparpiller pour que l’on puisse parler de maturité définitivement acquise. Pourvu que la suite nous contredise

Ecoutez un extrait sur le site du label

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