Syd Matters – « Ghost Days »

Ghost Days[Album]
14/01/2008
(Because/Warner)

Les Inrockuptibles auront eu du flair en octroyant le premier prix de leur CQFD à Syd Matters, vite traduit par un premier album sur lequel pas mal de ses nombreux lecteurs, entre autres, se seront rués. Dévoilant un réel talent de songwritter, première référence à vraiment décomplexer le folk français anglophone, « A Whisper And a Sigh », hormis son tube « Black & White Eyes », souffrira pourtant sur la longueur d’une trop grande complexité, de trop peu d’originalité et de personnalité. Et cela, malgré des mélodies accrocheuses nées des guitares et claviers, qui ne parviendront pas à sauver la cohérence de ce premier opus. Deux ans plus tard, le brumeux « Someday We Will Foresee Obstacles » reprenait les choses là ou elles avaient été laissées, tout en accueillant à bras ouverts une poignée de musiciens qui allaient logiquement enrichir les compositions et porter leur leader, plus expérimenté aussi, encore un peu plus haut

« Ghost Days », s’il n’étonnera aucun de ses fans de longue date, marque pourtant un tournant dans la carrière de Syd Matters, ayant récemment rejoint le très en vue label Because. Notamment parce qu’il est touché de plein fouet par la récente expérience de la bande originale du film « La Question Humaine » (dont la mélodie de « Me And My Horses » est issue) qui aura rendu chez lui indélébile cette volonté de s’afficher au plus proche de ce qu’il est lui, de son intérieur, de sa propre vérité. Évidemment, ses influences ne sont pas soudainement devenues invisibles, mais Jonathan Morali de son vrai nom a perfectionné un style qui le faisait déjà reconnaître dés ses débuts: une évidence sur le single « Everything Else » datant de la période pré-deuxième album. Ainsi, même si « I’ll Jackson » peut référer à Pink Floyd, tout comme « Louise » à Léonard Cohen et « Big Moon » à Nick Drake, que le timbre de Thom Yorke n’est jamais très loin, Syd Matters parvient sur ce « Ghost Days » à accroître encore un peu plus l’impact de ses compositions, pour le coup simplifiées, limpides et de ce fait bien plus efficaces. Bien que, pour la première fois, le bonhomme soit arrivé en studio alors que tous les titres n’étaient pas encore totalement achevés, au risque de leur donner un aspect bricolé et d’y laisser quelques imperfections

C’est toute la différence, tout le charme qui a pu parfois lui manquer par le passé. Car Morali et sa bande apparaissent du coup plus vulnérables, mais aussi plus simples et spontanés, trois atouts non négligeables pour un répertoire aussi sensible et mélancolique que peut l’être un être humain. Ainsi, ce disque prend des risques, tourne parfois le dos à quelques velléités commerciales (« Ghost Days »), mais offre toujours généreusement quelques sublimes caresses pop folk (« I Was Asleep », « Cloud Flakes », « Nobody Told Me ») aux écoulements d’arpèges (« It’s a Nickname », « After All These Years ») qui resteront peut-être gravées dans nos esprits aussi longtemps que cet album, réelle invitation à l’état second. Une montée en puissance finalement logique à y regarder dans le rétroviseur..

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