Streets Of Laredo – ‘Volume I & II’

Album / Dine Alone / 30.10.2014
Folk des grands espaces

Un peu d’histoire avant toute chose. ‘Streets of Laredo’, c’est le nom d’une chanson folk mettant en scène un vieux cowboy mourant qui conte sa vie à un congénère bien plus jeune. Devenu un classique de la musique traditionnelle américaine, le titre a été interprété par une multitude d’artistes, de Johnny Cash à Chet Atkins en passant par Joan Baez et Willie Nelson. Même Mercury Rev, dans un registre moins traditionnel, s’est prêté à l’exercice. Laredo, petite ville située au sud du Texas, sur la rive du Rio Grande, est ici inspiratrice d’une folk indé qui doit autant aux mélodies de Grizzly Bear, malgré un côté pop moins prononcé, qu’à l’americana subtile de Wilco. Tout comme New York, ville d’adoption de ces néo-zélandais basés aujourd’hui à Brooklyn, héroïne de la très belle ‘Girlfriend’ menée sur un tempo rapide.

Streets of Laredo n’est pas qu’une histoire de chanson, c’est également une affaire de famille. Dave Gibson tient les baguettes, sa femme Sarah joue des percussions, son frère Daniel chante et joue de la guitare. A tout ce petit monde s’ajoutent Si Moore, leur producteur, et Tom Darlow, tous deux aux guitares électriques, ainsi que les compagnons de route rencontrés dans le quartier de Bushwick où ils se sont installés, musiciens de passage le temps de jams ou de concerts new yorkais. Sur chacune des chansons de ce ‘Volume I & II’, à l’origine deux EPs, les voix s’entremêlent (‘Hey Rose’) et l’on sent que le résultat, plutôt réjouissant, émane d’un bel effort collectif et d’une volonté de faire de la musique ‘ensemble’.

Les guitares acoustiques sont de sortie, joliment aidées d’une pedal steel et de cuivres qui nous évoquent la vie à la frontière du Mexique (‘Need A Little Help’), une douce mélancolie tout droit venue des seventies nous accompagne sur les routes (‘Homeless’) et les accords électriques à la six cordes résonnent dans le lointain (‘Dear Leron’). Au final, on se verrait bien volontiers arpenter les grands espaces en quête d’absolu au son de cette belle surprise folk. Car, comme le dit l’envoûtant ‘I’m Living’ qui clôt la face B, ce ‘Volume I & II’ nous fait nous sentir encore un peu plus vivant.

avoir

‘Everything To Everyone’, ‘Girlfriend’, ‘Need A Little Help’, ‘I’m Living’

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