Street Sweeper Social Club – « s/t »

street180Album
(Epic)
15/06/2009

Street Sweeper Social Club ne date pas d’aujourd’hui, plutôt de la longue période de trouble qui allait avec le hiatus sans fin de Rage Against The Machine. A l’époque, Zack De La Rocha se débattait entre inactivité et un projet solo dont on n’a jamais vu le jour, tandis que Tom Morello tentait de retrouver ses sensations d’antan au sein d’Audioslave. Mais, il faut croire qu’avant que la machine se remette en marche, le guitariste a eu des envies de reprendre contact avec le hip hop, chose à laquelle il s’est attelé en compagnie de Boots Riley, Mc de The Coup, et le batteur Stanton Moore, membre fondateur de Galactic. Avec ce line up dont l’engagement politique tient désormais de la marque de fabrique, et une approche autoproclamée de « jams révolutionnaires », il était difficile pour ce « social club » de faire plus prévisible. Comme il était écrit à l’avance que l’ombre de RATM planerait manifestement sur ce nouveau projet (« The Oath », « Clap For The Killers », « Good Morning Mrs Smith »), comme elle a d’ailleurs toujours plané sur les moindres initiatives de ses membres, de One Day As a Lion à celle-ci. En effet, le flow de Riley, placé dans un tel contexte, n’est pas sans rappeler De La Rocha, et dur de demander à Morello de revoir son jeu de guitare après tant d’années à se l’être façonné. Comme un retour aux années 90, Street Sweeper Social Club donne donc sans surprise dans un crossover classique aux riffs millimétrés, au service d’un discours remis au goût du jour. Les mecs maîtrisant leur sujet sur le bout des doigts, pas d’étonnement non plus dans l’exécution. Ce premier album éponyme tient donc largement la route en comparaison avec ce qui s’est déjà fait mille fois dans le genre, ses deux singles en tête (« Fight! Smash! Win! », « 100 Little Curses »), mais ne fait véritablement preuve d’originalité que sur « Promenade », avant dernier titre piochant à la fois dans le disco et la pop. Dommage donc que Street Sweeper Social Club n’ait d’intérêt que pour le poids de son line up de luxe, et finisse en révolution sans feu.

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