Strange Wilds – ‘Subjective Concepts’

Album / Sub Pop / 24.07.2015
Seattle punk

Le rock est ponctué d’histoires écrites par des groupes dont le parcours imprévisible va parfois jusqu’à effacer la qualité de leur musique. Il n’en est rien pour Strange Wilds, formation au cheminement des plus communs, mais dont la destinée semblait néanmoins toute tracée. Originaires d’Olympia dans l’état de Washington, terre des plus grands noms du grunge et d’un label qui s’est parfaitement chargé de huiler à jamais les roues du berceau, les trois recrachent magnifiquement tout l’air chargé d’électricité qu’ils ont respiré depuis que leurs illustres aînés ont fait de Seattle un lieu où il fait bon gratter.

Tout comme Metz un peu avant lui, et trente ans après que les Nirvana, Soundgarden et Mudhoney aient rendu le grunge universel, Strange Wilds sort donc chez Sub Pop (décidément pas un hasard…) un premier album qui l’inscrit parmi leurs plus dignes descendants. Loin de reprendre bêtement le flambeau, et même si les premiers accords de l’excellente entame ‘Pronoia’ pourraient nous contredire, les trois se font aussi ici les ambassadeurs d’un grunge que quelques générations intermédiaires se sont chargées de faire évoluer, jusqu’à l’amener chatouiller sans retenue le punk, le noise rock, et ce hardcore typique d’un nord-ouest isolé.

C’est donc en faisant fi de cet inévitable héritage, appelé à s’estomper avec le temps, qu’il faut aborder ce premier opus de Strange Wilds. Alors, quand il ne manque pas d’assurance en mettant la pédale douce (‘Autothysis’, ‘Don’t Have To’), ‘Subjective Concepts’ révèle tout ce qu’il a de jouissif: des compositions parfois menaçantes (‘Oneirophobe’), intelligentes dans leur juste mesure mélodique (‘Starved For’, ‘Pareidolia’), balancées à la gueule de l’auditeur avec la spontanéité d’antan (‘Lost And Found’, ‘Outercourse’), et une énergie débordante incarnée notamment par un Steve Serna bien décidé à ne pas épargner ses cordes vocales (‘Egophillia’).

Il ne fait donc pas de doute que, chez Strange Wilds, le mot d’ordre est de se faire plaisir, et de rendre au rock ce qui lui appartient: l’énergie, la communion, et les acouphènes. Quant au reste et ses enseignements, ces trois mecs-là auront bien assez de temps pour y penser plus tard, quand il leur sera indispensable de passer un nouveau cap.

‘Pronoia’, ‘Starved For’, ‘Pareidolia’, ‘Lost And Found’, ‘Outercourse’

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