Squarepusher – « Ufabulum »

square180Album
(Warp)
21/05/2012
Un flan en dessert?

Au risque de se prendre en retour une salve de bourre-pifs de la part des puristes, on doit avouer ne jamais vraiment trouver la porte d’accès du Squarepusher cérébral et déstructuré, quand sa musique se plait à flirter avec l’inaccessible, qu’elle privilégie son jazz fusion chéri à l’electro, ou l’inverse. Alors, quand après deux albums (mitigés) plutôt audibles sous son nom comme sous celui de Shobaleader One, il a annoncé retourner à l’electro pure et dure, on a comme senti le vent tourner, nous disant déjà que ce « Ufabulum » – pourtant le plus équilibré de tous entre ses deux pôles traditionnels – ne serait certainement pas pour nous.

Puis vinrent les premiers titres destinés à nous mettre en bouche. Notamment ce « Dark Steering », fusion de mille détails matérialisés en un electro hip hop d’une redoutable efficacité. Bien que le morceau fasse finalement figure d’exception au sein de ce « Ufabulum », il fallait pourtant voir dans ses mélodies et sa montée drill’n bass finale, ses deux lignes directrices. Plus que jamais en effet, Squarepusher baigne ici sa musique de synthétiseurs pourvoyeurs de mélodies bénéfiques à tout l’album, surtout quand son inspiration le pousse dans ses travers les plus expérimentaux.

Mais, quand il est lancé, il arrive à Tom Jenkinson de pousser le bouchon trop loin dans l’extrême, jusqu’à l’indigestion. C’est le cas d’un côté sur un « Stadium Ice » dont les synthétiseurs manquent cruellement de légèreté, de l’autre sur « The Metallurgist », « Drax2 » ou « Ecstatic Shock » dont les compulsions s’apparentent trop à de la performance pour qu’on y prenne vraiment du plaisir. Dès lors, on part en quête du juste milieu qu’on était venu chercher ici, cet espace de plus en plus rétréci où réside l’équilibre parfait du Squarepusher version 2012.

Malheureusement, au delà d’un « Dark Steering » gagné d’avance, on se force à l’entrevoir à quatre reprises: sur « 4001 » parce qu’en ouvrant les hostilités il a le mérite de ne pas souffrir des boulets qui le précèdent, sur « Unreal Square » taillé pour les gamers, sur « Energy Wizard », puis sur le compact mais mesuré « 303 Scopem Hard ». Assez pour éviter le pire, mais trop peu pour un Squarepusher mille fois trop irritant et bourratif qui n’échappera pas aux conséquences de la déception.

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Une réponse à Squarepusher – « Ufabulum »

  1. Mathias Muller 31 juillet 2012 à 9 h 06 min #

    Ufabulum est certes un album inégal mais les quelques morceaux de maitre en font un album addictif.Mais avant tout Ufabulum est à voir en live accompagné du show et de ses millions de leds hypnotiques qui révèlent la poésie de sa musique, aussi destructuréé et « cérébrale » soit-elle.
    Je suis encore tout retourné de ce live, qui va plus loin que la simple musique.
    La conjugaison de l’image et du son atteint avec Ufabulum un niveau rarement égalé:on sort du public en transe,frappé par l’expèrience vécue car il s’agit bien d’une expérience (psychédélique,futuriste,poétique,subliminal peut etre..en tout cas elle ne laisse pas indifférent.)
    Il s’agit du meilleur « show électro » qu’il m’ ait été donné de voir,et avec le souvenir en tete,l’expérience de l’oeil j’ écoute l’album avec une oreille toute différente.

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