Sparta – « Threes »

Threes[Album]
23/10/2006
(Hollywood/Import)

Le phénomène At The Drive In éteint à jamais, Bixler et Rodriguez partis le plus loin possible avec The Mars Volta, il ne restait plus que Sparta pour tenter de préserver cette flamme. Cela a plus ou moins marché sur « Wiretap Scars », le premier opus du groupe, beaucoup moins sur le second « Porcelain » qui marquait, si ce n’est une régression, une stagnation regrettable. On ne savait donc plus quoi penser, et quoi attendre, du groupe emmené par Jim Ward rejoint entre temps par le guitariste Keeley Davis des défunts Engine Down. De quoi redonner un peu d’intérêt à Sparta, et espérer un certain changement. Car les texans ne pouvaient pas ad vitam eternam traîner avec eux ce très lourd boulet d’une carrière sur laquelle il fallait enfin tirer un trait. « Threes », nouvel opus, va bien plus loin que nos espérances, il dévoile un Sparta enfin affirmé, qui n’est plus seulement aujourd’hui une suite d’At The Drive In

Mais, rassurez vous, Sparta reste fidèle au rock qu’on lui connaît, et n’a pris en aucun cas un virage assez rude pour décontenancer ses plus fidèles adeptes. Non, le quatuor a tout juste décidé de se montrer plus sensible, plus pop, et adopte du coup un visage légèrement plus formaté, celui d’une machine à tubes qu’il est désormais

C’est le cas dés le très bon « Untreatable Disease » d’ouverture, plein de relief et de breaks accrocheurs, au refrain qui s’inscrit instantanément en mémoire. Idem pour « Unstitch Your Mouth », ballade pop acoustique du plus bel effet, et « Taking Back Control » moins dépaysant car plus dans la veine à laquelle nous étions habitués de la part de Sparta. Mais c’est surtout sur « The Most Vicious Crime » que les texans se montrent incroyablement inspirés, que Keeley Davis semble apporter sa touche guitaristique déjà si prenante avec Engine Down, et que Jim Ward ne laisse plus aucun doute sur ses talents vocaux. Le temps de s’en remettre, et on oublierait presque de mentionner « False Start », un ton en dessous mais non moins négligeable, et « Red Right Return », plus complexe mais néanmoins tubesque

En voilà bien assez pour rassurer tout le monde, et contrebalancer le reste de cet album, tout aussi bon, mais dévoilant quelques trop flagrantes ressemblances avec Muse (« Crawl »), Coldplay (« Atlas », « Without a Sound »), et U2 (« Erase It Again »). Pas de quoi pourtant remettre en cause une personnalité qui semble avoir enfin trouvé sa voie. Ça ne fait plus de doute, Sparta est grand, et enfile les hits d’une manière aussi insolente que Gratitude, ou qu’un lointain Samiam. L’album rock de cette fin d’année, sans aucun doute

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