Sole & Skyrider Band – « Remix Album »

Remix Album[Album]
02/02/2009
(Black Canyon/Import)

Alors embourbé dans son hip hop alternatif dont il reste pourtant encore aujourd’hui un des fers de lance, Sole sortait l’an passé un album ou, appuyé par la formation indie/post rock Skyrider Band, il s’offrait non pas une résurrection, mais la garantie de ne pas souffrir définitivement du manque d’envergure d’une scène qui lui doit une partie de son existence. Cette collaboration, réduisant encore un peu plus en miettes les frontières entre rock et hip hop, n’avait d’ailleurs pas manqué de faire parler d’elle en bien

Depuis, la troupe l’a ardemment défendu sur scène à travers le monde, ses morceaux ont fait du chemin dans l’estime du public comme des artistes qui se sont attelés, sur cet album de remixes, à occulter la couleur post rock de l’original pour le faire pencher radicalement du côté de l’IDM et de l’electronica. Il marque aussi un pas en avant dans l’engagement de Sole au sein du music business, un retour à ce Do It Yourself souvent si gratifiant, cet album étant la première sortie de Black Canyon Recordings, le tout nouveau label qu’il mène en parallèle à Anticon, loin de la dictature de l’argent, du marketing et des charts

Et quel pas, puisque beaucoup d’anciens et récents amis sont venus donner le meilleur d’eux-mêmes pour permettre à cette première référence de mettre sa maison mère sur les meilleurs rails. Pour cela, ils ont réduit en cendre la structure de chacun des morceaux, tout en gardant chacun des thèmes abordés totalement intact. De Astronautalis à Odd Nosdam, en passant par Egadz, Electric President, Telephone Jim Jesus, Sleeper, ou Thavius Beck, tous ont relevé avec brio ce défi de parvenir au même degré d’efficacité que tout un groupe réuni. Avec une mention spéciale à Son Lux pour les convulsions jouissives de son « 100 Light Years And Running », à Bit Tuner pour un « Bones Of Pets » qui nous plonge dans ses sombres profondeurs synthétiques, et à Dosh pour sa science du paradoxe bien calée entre beats grossiers et doux samples de cordes

Au milieu de tant de réjouissances, et parce que tout ne peut pas toujours être parfait, seules l’approche bruitiste d’Andrew Broder de Fog (« Stupid Things Implode On Themselves ») et la techno de parking signée Pictureplane tenteront de ternir ce tableau de maîtres. Sans succès, car ce « Remix Album », en parvenant à un tel rendu, souligne une fois de plus la qualité de la source, et s’impose comme son complément idéal.

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