Sole – « No Wising Up No Settling Down »

sole180Album
(Black Canyon)
01/05/2013
Rap social

Le mec ne s’arrête plus: six mois seulement après avoir sorti un « A Ruthless Criticism Of Everything Existing » plein de bonne volonté mais plombé par un travail de production en berne, Sole retourne au charbon et rectifie quelque peu le tir avec « No Wising Up No Settling Down ». Moins direct et brut de décoffrage, légèrement plus centré sur sa personne (« My Veganism », « People Piss Me Off »), le Mc use cette fois d’une approche plus philosophique et poétique, comme pour se préserver du trop plein de rage et d’aigreur guettant celui dont le hip hop est devenu depuis quelques années plus un moyen de faire passer son message qu’une véritable finalité. Logique donc qu’il continue de soigner son « fonds de commerce », qu’il pointe toujours aussi violemment les maux de notre société, l’ignorance galopante de la population, ou qu’il crie bien haut ce que les médias s’appliquent à taire.

Parce que trop peu de Mcs sont aussi crédibles que lui, Sole est unique, au point que l’on finisse presque par accepter qu’il ait récemment eu tendance à sous estimer le reste. Pourtant, un discours aussi lourd ne peut longtemps aller sans solides productions. Moins expérimental que ses derniers albums, « No Wising Up No Settling Down » le voit donc revenir à un hip hop plus conventionnel, plus simple (« Civil War », « Insurgent Rap »), finalement assez proche de ce qu’il pouvait parfois proposer à l’époque d’Anticon (« Extremeophile »). Si l’idée était de ne surtout pas faire de l’ombre au discours, le disque gagne ainsi immanquablement en efficacité (« Introfukyall », « Prole »), bien aidé qu’il est par le talent des « petites mains » plus ou moins connues recrutées pour l’occasion (Man Mantis, Dj Pain1, Loden, Gold Panda, Dosh, Cars & Trains…). Celles ci ont su parfaitement contribuer à l’atmosphère sombre et oppressante qui sied si bien à son flow (« People Piss Me Off »), et offrir à l’opus la pointe d’originalité nécessaire pour le rendre plus digeste (« Geneology of Giving a Fuck », « Gangster Of Love »). Voilà une suite pouvant se targuer d’un bien meilleur équilibre entre des textes toujours très engagés et une cohérence musicale indispensable.

En écoute intégrale


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