Sole – « Man’s Best Friend (pt1&2) »

Man's Best Friend (pt1&2)[Album]
01/01/2002
(Autoproduit/Import)

Vous ne trouverez ces deux chapitres de la carrière de Sole que lors de ses concerts ou par le biais des VPC internet les plus éclairées. N’allez donc pas chez votre disquaire le plus proche en pensant avoir loupé une page, personne ne pourra vous y renseigner. « Man’s Best Friend », tout comme « Uck Rt » (autre long format autoproduit impossible à trouver en France), est ni plus ni moins ce que l’on pourrait appeler les chutes du dernier album « Selling Live Water », en d’autres termes, ce qui n’a pas été retenu pour y figurer. Sauf que, vous vous en douterez, les vingt cinq morceaux qui composent ces deux parties sont loin d’être dénués d’intérêt

La particularité de « Man’s Best Friend » est d’avoir été composé en majeure partie par Sole lui même ce qui explique un tantinet la direction expérimentale et sombre de cet album, bien différent de ce que l’on a pu entendre sur les productions précédentes du catalyseur du label. Si Jel et Odd Nosdam peuvent être les producteurs les plus reconnus de l’écurie Anticon, il est crédible d’avouer que Sole n’est pas loin de les rattraper tant ses versions sont efficaces et toujours dans le style reconnaissable d’Anticon. L’homme joue également sur la variété des flows et des versions puisqu’il adopte des phrasés rapides ou lents et glauques sur des versions rappelant autant Antipop Consortium (« Exile », « Hard To Burn ») que Themselves (« Mad Lucky »). On y note un attrait particulier pour les nappes vaporeuses plongeant l’auditeur dans un univers profond et sans véritables limites musicales allant jusqu’à se rapprocher très fidèlement de ce que Sole propose sur scène accompagné de son violoncelliste. Jetez une oreille sur les excellents « Spoken Word Piece » (au beat relevé et au flow qui l’est tout autant), « Alone Yet Not Alone » (à l’ambiance old school electro) ou « If I Had Won » (très musical avec un sample soul rappelant un peu « Bottles Of Human »)

La deuxième partie, intitulée « No Thanks » et contenant douze titres, reste dans une même approche artistique. Continuité logique puisque composée dans les mêmes conditions et à la même période », elle contient elle aussi de véritables joyaux de hip hop expérimental. Sole semble continuer d’explorer son style (« Little Bank Anthem ») et parvient à nous faire mettre genou à terre lors de performances telles que « No Thanks », « You Are A Happy Camper » (très old school), ou « Poor Is Cool » (à l’approche très rock avec son sample tantôt acoustique tantôt saturé)

Décidemment, « Man’s Best Friend » tend à nous faire croire que Sole détient un talent illimité qui transforme le moindre essai musical en véritable réussite. Son approche musicale, tout comme son flow sûrement un des plus efficaces de la scène hip hop, promettent des frissons à chaque fin de studio session. Cet album en deux parties est rondement mené et aidé par de courts morceaux appuyant une certaine fluidité et variété fortes agréables à l’écoute. On ne peut que vous conseiller de faire des pieds et des mains pour l’acquérir. Arrêtez seulement lorsque vous serez sur les rotules, au premier sens du terme…

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