Sole – « And The Skyrider Band »

And The Skyrider Band[Album]
22/10/2007
(Anticon/Differ Ant)

On ne se serait peut-être pas autant méfié de ce nouvel album si Sole n’avait pas autant brouillé les cartes lors de sa dernière sortie très décevante sous l’entité MansBestFriend. Fort heureusement, le Californien a abandonné le format solo qui aura pourtant montré beaucoup de belles choses sur ses précédents disques, pour se présenter entouré du groupe Skyrider. Le bonhomme a quelque part eu un certain flair. Car il faut bien admettre qu’en se contentant uniquement de productions nées des pads d’une MPC, les Mcs issus, comme lui, de la scène underground ont fâcheusement tendance à tourner en rond, à toujours resservir les mêmes types de samples, au point de faire se ressembler chacun de leurs albums. Appuyé par une petite troupe de musiciens, Sole avait l’occasion de faire peau neuve, de faire souffler comme un vent frais sur sa discographie. Sans compter la promesse sous-entendue de donner des concerts un peu plus passionnants qu’un Mc devant un dj, au pire devant un simple lecteur minidisc.

Une configuration dans laquelle on ne verra plus la tête pensante du label Anticon, son union avec les trois musiciens de Skyrider semblant aussi solide que durable. Et ce plaisir apparemment réciproque s’avère plutôt salvateur. En effet, Sole retrouve ici sa verve d’antan, déballant ses rimes alambiquées avec l’inspiration des premiers jours, fidèle au style qui a toujours été le sien (« A Sad Day For Investors », « A Hundred Light Years And Running »). Pas d’inquiétude donc, notre homme squatte toujours le haut du panier des Mcs de la scène alternative. C’est plutôt du côté musique qu’on attendait beaucoup de ce disque

N’allez pas y chercher une quelconque nouveauté, les ambiances pesantes sont toujours là (« Ghost Assassinating Other Ghost »), tout comme ces beats une nouvelle fois puisés dans la fourmilière. Mais, si on pourrait aisément lui reprocher de ne pas se montrer plus varié, quel autre contexte sonore pourrait aussi bien coller à cette voix et ce flow devenus une marque de fabrique? La réponse se fait attendre. Pourtant, après être passées dans le mixeur Alias, la richesse et la profondeur de ce « Sole & The Skyrider Band » ne tardent pas, elles, à se faire entendre, et ne parviennent plus à cacher l’admiration que l’Américain porte, entre autres, au catalogue Constellation

Ainsi, Sole évolue cette fois dans un décor réchauffé par une rondeur de basses rappelant le « Sanity Annex » de Sonic Sum (« The Shipwreckers », le dubisant « Nothing Is Free »), décoré parfois par une touchante mélancolie (« Magnum », « On Calvary »), toujours par la finesse des instruments (« Sounds Of Head On Concrete », « Stupid Things Inplode On Themselves »), ce souci du détail qui tranche considérablement avec l’approche grossière bien qu’efficace qu’il a toujours fait couler dans nos conduits auditifs. Malgré tout, Sole ne révolutionne pas son monde, mais a eu cette lueur d’esprit dont certains artistes manquent parfois, se condamnant ainsi à tomber injustement aux oubliettes. Il semble donc s’attaquer sérieusement au deuxième grand chapitre de sa carrière, et cela ne va pas sans une certaine excitation

En écoute

1. The Shipwreckers     

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