Solal – « The Moonshine Sessions »

The Moonshine Sessions[Album]
29/10/2007
(Ya Basta/Discograph)

Il fallait s’y attendre… Après le retour en force du folk ces dernières années, on allait bien finir par en arriver à la country… Forcément, si pour vous la country n’est qu’une musique de rednecks qui vivent dans un épisode sans fin de « Walker Texas Ranger », la nouvelle a de quoi faire peur. Mais le genre est heureusement plus complexe qu’il n’en a l’air, comme le prouvent ses très différentes déclinaisons (bluegrass, americana, honky tonk…)

Outre certains albums de Hank Williams, Johnny Cash ou Bob Dylan, réécoutez donc aussi quelques BO de films cultes (« Délivrance », « O Brother »…) alimentées par ces musiques du Sud des Etats-Unis et osez dire sans rougir que la country ne vous fait toujours ni chaud ni froid

Il y a en tout cas un Français qui fait fi de tous ces préjugés. Philippe Cohen-Solal a.k.a $olal s’est même attelé à prouver l’intemporelle modernité de cette musique, après avoir déjà remis le tango argentin au goût du jour avec son groupe, le Gotan Project

Pour ce premier album solo, notre homme est remonté à la source et s’en est allé convaincre Bucky Baxter, célèbre joueur de pedal-steel et collaborateur de Bob Dylan, du bien-fondé de ses intentions. Perdu au milieu de nulle part, dans la campagne de Nashville, le studio de Baxter a ainsi vu défiler peu à peu le gratin actuel de la country, venu poser ici une voix, là un pincement de guitare, apportant leur grain de sel à ce que la postérité retiendra désormais comme les « Moonshine Sessions »

Quelques écoutes « objectives » suffisent à donner raison à $olal. Cet album s’affranchit en effet des clichés rustauds qui collent aux bottes de la country pour donner naissance à une sorte de soul blanche que n’aurait pas sans doute reniée Lee Hazlewood. Les chansons transpirent souvent une mélancolie contagieuse à laquelle il est bien difficile de ne pas succomber. Quelques perles aux arrangements soyeux comme « Luna’s Song », « The Academy Of Trust », « Fade Away » ou « The Private Song » feraient fléchir le plus pointu des amateurs de pop sur ses positions butées. $olal s’amuse même à enfoncer le clou avec deux reprises aussi opposées que réussies. Le « Dancing Queen » de Abba prend des airs de ballade traditionnelle, tandis que le « Pretty Vacant » des Sex Pistols (dont on fête le trentième anniversaire, presque jour pour jour, du « Nevermind The Bollocks ») vient défier Nouvelle Vague sur son terrain de jeu favori

D’autres titres, pourtant plus classiques, comme l’excellent « I’m Rollin' », « Psycho Girls & Psycow Boys » ou « The Road To Nowhere » achèvent de redonner ses lettres de noblesse à un genre trop souvent dédaigné en Europe. Philippe Cohen-Solal a en tout cas probablement signé un disque qui fera date… Et on ne serait pas étonné de revoir les noms de ses nombreux invités sur des albums ça et là dans les mois/années à venir

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