Smooth – « The Endless Rise Of The Sun »

The Endless Rise Of The Sun[Album]
02/10/2006
(Mini Strong/Wagram)

On avait découvert ce trio nantais en 2004 avec un très bon premier album judicieusement intitulé « An Electro-Soul Experience », et c’est vrai que ce disque transpirait la classe des vieux Stevie, Curtis ou Marvin. Il imposa d’ailleurs immédiatement Smooth comme le meilleur représentant d’un groove à la française (suivi de près par des gens comme Wax Tailor ou Spleen), capable qui plus est de séduire aussi bien des publics néophytes ou initiés. Comme c’est souvent le cas lorsqu’un premier opus trouve aussitôt ses adeptes, le cap du second album allait donc être difficile à franchir pour nos trois Nantais

Premier constat à l’écoute de ce nouvel effort, la production est beaucoup plus conséquente et le son s’en retrouve naturellement plus propre (plus lisse?). Le groupe a, en effet, pu profiter de meilleures conditions de travail… Mais qui dit plus de moyens financiers dit aussi souvent obligation de succès commercial

On note par conséquent la présence de quelques grosses légumes pour attirer le badaud: leur patron de label, Sinclair, qui vient pousser la chansonnette sur le très moyen « What Will I Do », Yann Tiersen pour un bon instrumental quasiment hip hop… C’est d’ailleurs un autre fait qu’on peut instantanément souligner: ce « The Endless Rise Of The Sun » laisse beaucoup plus de place aux influences hip hop que son prédécesseur. Que cela soit en clin d’oeil (comme celui au « Get It Together » des Beastie Boys sur « We Will Show You ») ou grâce aux potes nantais aussi conviés sur l’album, à savoir le groupe de hip hop soul Shabbaz, Dj Elveeda ou encore Dj Pfel du collectif C2C (quadruple champion du monde DMC par équipe, et pas un seul coup de boule en finale, qui dit mieux?)

Bref, on a l’impression que le groupe a rassemblé toutes les cartes dans son jeu pour pouvoir intéresser les grosses radios commerciales (cf. ce « Midnight Love », titre hip hop façon The Herbaliser chanté en français qui, malgré de bonnes voix, a du mal à réellement convaincre…). Est-ce la pression qu’a forcément ressentie le groupe? Est-ce la peur de ne plus plaire qui les poussés à formater un peu leur musique? Toujours est-il qu’il manque paradoxalement à ce second album les tubes du premier qui avaient fait mouche dès les premières écoutes (« Smooth », « Les Reflets », « My Tragedy », « Son Of The Seventies », « Do You Like Funky Breaker », tout l’album presque!!)

Ne vous méprenez pas, il y a toujours de très bons moments, surtout sur la première moitié de l’album, qui sont comme autant d’hommages à peine cachés à Lalo Schiffrin, Ennio Morricone, Donny Hathaway ou Stevie Wonder (« Red Train », « Smooth Caravan », « Human Race », « De l’aube », « The Endless Rise Of The Sun »…). Et le chanteur a toujours cette très jolie voix rauque, un peu comme si Buck 65 se mettait à chanter de la soul… Mais il manque à l’ensemble la petite étincelle magique qui avait permis à « An Electro-Soul Experience » de squatter la platine bien plus longtemps que la moyenne… Bon, en même temps, on a un retard monstre dans nos chroniques, donc ce n’est peut-être pas plus mal?

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