Sleaford Mods – ‘Chubbed Up +’

Album / Ipecac / 28.10.2014
Poésie punk hop

Préférant depuis ses débuts la force de frappe frontale à l’enrobage musical, Sleaford Mods perfectionne sa poésie punk synthétique de plus en plus loin sur le globe. Basse tapageuse et boîte à rythmes suffisent à son performer vocal, Jason Williamson, pour libérer sa verve nerveuse dans un accent anglais à dépecer la ferraille. En complément d’une discographie déjà riche et d’un succès de plus en plus grandissant, les deux de Nottingham proposent, avec ‘Chubbed Up +’, un disque composé de singles puisés dans leur répertoire, nés entre novembre 2013 et janvier 2014, et qui, à défaut de se démarquer artistiquement des albums passés, promettent de déverrouiller consciences et popotins.

Le binôme ne bouge pas de ses bases musicales et respecte à la lettre sa ligne de conduite initiale. La basse, aussi sèche que vintage, vient nous vriller à coups de riffs hérités des origines du punk anglais. Des rythmes binaires et solides assoient des titres à l’efficacité immédiate. Quant à Williamson, c’est les dents serrées et le menton levé qu’il laisse libre court à sa parole enragée, nous postillonne en pleine face sa vision contestataire du monde et n’épargne personne dans son inimitable arrogance. De bout en bout de l’album, des morceaux encrés dans la même veine musicale nous entrainent dans des hochements de tête incessants et une empathie à provoquer l’insurrection. Une contagion immédiate rappelant avec joie l’état de révolte dans lequel pouvait nous entrainer Bérurier Noir à l’époque de ‘Porcherie’. Dans ce manifeste, ‘The Committee’, ‘Jobseeker’, ‘Black Monday’ ou ‘Routine Dean’ nous chahutent sans sommation et avec virulence. Pièces maîtresses du disque, ‘Jolly Fucker’, ‘Tweet Tweet Tweet’ et ‘Bambi’ condensent toute la hargne et l’efficacité du duo. Quant aux plus foutraques ‘Public Hair Ltd’ et ‘Fear Of Anarchy’, c’est avec les cordes vocales au bord de la rupture que Williamson vient nous plaquer au mur de sa présence charismatique.

Sleaford Mods assoit une fois encore sa marque de fabrique minimale. Bien que certains peinent parfois à conclure, les douze morceaux réunis dans ‘Chubbed Up +’ font l’effet d’une bombe et confirment un groupe en pleine possession de son univers. Il va sans dire que sur scène, le duo propose une performance unique en son genre, qu’il serait dommage de rater, surtout en France où la programmation reste malheureusement encore trop frileuse vis à vis de ces deux anglais aussi talentueux que révoltés. Ca va changer.

‘Jolly Fucker’, ‘Tweet Tweet Tweet’, ‘Bambi’

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