Sigur Ros – « Valtari »

sig180Album
(EMI)
28/05/2012
Folk aérien

Sigur Rós est de retour et reprend la pop là où il l’a laissé: en apesanteur. Quatre ans après son dernier album studio « Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust« , c’est toujours le temps de l’amour, le temps des copains et… de l’aventure. Au point de tuer tout suspense? Non, car « Valtari », sixième opus aux milles et une envolées lyriques et harmoniques, ne peut s’écouter qu’en rupture totale avec le monde. Le seul moyen de lui rendre justice est donc de penser, et de donner à penser un monde où les lois de la biologie sont modifiées, où les chevaux ne galopent plus dans les plaines mais volent dans une bulle au-dessus des nuages.

Embarqué dans une quête d’ailleurs et de grands espaces, le voyage n’est pas seulement physique, il est psychique. Si, par le passé, certains artistes ont tenté d’ouvrir les portes de la perception, Sigur Rós tente aujourd’hui d’ouvrir celles de la sensation. Une extase sensorielle avec pour seule intention de s’éloigner au maximum des turpitudes de la ville. Ivres de vivre sans règles, les islandais profitent ainsi de cette liberté pour faire de leurs albums une expérience en soi, hors du temps et par-delà les plaines.

Le mot « chef-d’œuvre » ne suffit plus. Dans cet espace réservé au post-folk psychédélique, Sigur Rós n’a de leçons à recevoir de personnes: sa souplesse, sa langueur et sa méditation sont ses seuls mentors. Produit par le chanteur/guitariste Jónsi et son ami Alex Somers, musicien et praticien d’art visuel, « Valtari » s’ouvre sur une longue trainée mouvante et passionnante (« Eg Anda ») où le groupe s’autorise douceur et lenteur, minimalisme et envoutement. Constamment striées d’une tension sous-jacente, masquées sous des apparences apaisantes, les équinoxes du groupe sont un jeu de construction musicale que chacun interprétera selon son imagination.

Touchants à défaut de convaincre par leur originalité, les morceaux ne sont pas seulement longs, ils sont profonds, flottants et parfaitement anachroniques. En somme, un Sigur Rós comme on l’aime, loin de toute prétention politique, mais qui fait tellement de bien au développement durable. Se dépayser à ses côtés est un bonheur sans nom.

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