Sig – « Freespeed Sonata »

sig180Album
(Makasound)
08/02/2010
Sonate hip hop

Sig est définitivement un artiste iconoclaste. Cinéaste, photographe, musicien, c’est par ses compositions de bandes originales de films qu’il se fait connaître. C’est aussi par ce biais, et par la suite grâce à ses albums « Vertigo Bound » et « Free Cinematic Sessions« , qu’il croise d’autres musiciens talentueux l’accompagnant dans ses projets toujours plus décalés. Car proposer aujourd’hui une sonate hip hop/classique de quatre mouvements n’est pas commun, sinon unique.

Parler de « Freespeed Sonata », c’est surtout plonger dans la genèse du projet. Partant de piécettes de piano solo, Sig parcourt l’Europe afin de construire son œuvre, compose la partition mélodique à Venise, et rejoint le batteur Christophe Calpini (Erik Truffaz, Dog Almond, Alain Bashung) à Nyon afin que ce dernier y pose son tempo. Il sollicite également le saxophoniste Christophe Turchi, la chanteuse Joy Frempong qu’il retrouve à Berlin, avant de finir le travail à Paris aux côtés du bassiste Marcello Guliani (Tété, Henri Salvador, Etienne Daho, Higelin, Renan Luce…). Le Mc Nya, originaire de Suisse et amoureux de Dub, vient lui aussi compléter la distribution alléchante de l’opus.

Le décor planté, vient le temps de l’immersion au rythme des pas d’un poète que l’on suit le temps de quatre mouvements: d’abord dans une ville endormie, rejoignant ensuite son amour avant de errer à nouveau dans le tourbillon de la ville, et de s’éveiller finalement en douceur. Ainsi, chaque mouvement comporte ses propres couleurs musicales: du piano solennel aux grooves chaleureux du début, en passant par l’ambiance feutrée puis funky du milieu et la conclusion hip hop cool. On se laisse guider avec plaisir, laissant le temps en suspend, contemplant les esquisses dessinées par les divers musiciens ajoutant leur touche personnelle au tableau entamé par Sig. Car si le processus créatif est complexe, son talent finit de rendre l’ensemble fluide, chaleureux, tout en éveillant la curiosité de l’auditeur. En le brusquant aussi parfois par des envolées ardues, pour mieux le rattraper par une douce simplicité…

Le mélange des genres était un pari osé, voir risqué. Mixer le classique avec le hip hop n’est pas nouveau, mais Sig franchit un cap grâce à une approche que peu auraient tenté. S’il paraît peu probable que les auditeurs de « grande musique » se mettent à écouter du rap et vice versa, certains trouveront peut-être là l’occasion d’approcher une culture qu’ils ne connaissent pas ou peu. Les amateurs de musique au sens large trouveront quant à eux, avec cette sonate, la preuve que tout peut se mélanger, à condition qu’on le fasse avec talent, pour ne pas dire avec virtuosité.

Disponible sur
itunes12

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Une réponse à Sig – « Freespeed Sonata »

  1. Nicolas maslowski 26 avril 2010 à 11 h 08 min #

    Bonjour SIg « Freespeed SOnata » + Curumin (Brésil) en concert le 12 mai au New Morning à PAris !!!

    Nico

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