Sig – « Free Cinematic Sessions »

Free Cinematic Sessions[Album]
22/09/2008
(Makasound/Pias)

Trois disques, trois ambiances, trois sessions musicales invitant au voyage… Tel est le concept de « Free Cinematic Sessions », nouvel opus du multi-instrumentaliste Sig, également photographe et cinéaste à ses heures perdues. Pour ce dernier projet, l’artiste a voulu créer en musique trois univers cinématographiques en s’entourant, pour chaque session déclinée en quatre morceaux, de musiciens particulièrement reconnus dans le monde du free jazz, comme Erik Truffaz dans l' »Elegia Session », ou le flûtiste américain Chris Hayward dans la « Cameleon Session ».

La première session intitulée « Hip Blue » se présente comme une déambulation « de Tokyo à Paris » proche du abstract hip-hop (comme l’illustre « Phazzjazz » et son beat lancinant), en rassemblant les fidèles acolytes de Sig: Kus au beat-box, et Stalk au saxophone soprano. Une session très réussie qui rappelle volontiers les premières créations de Doctor L, notamment sur le titre « Aurore » construit autour d’un sample de voix sourde, accompagné de nappes de violoncelle déroutantes. On ne s’étonnera donc pas de retrouver dans ces morceaux une portée hautement imagée, visant à embarquer l’auditeur dans des atmosphères singulières où est mise en scène une polyphonie d’instruments. Qu’il s’agisse ensuite du free jazz évanescent de l' »Elegia Session », un peu trop halluciné à notre goût, ou de la dépaysante « Cameleon Session » et de ses accents orientalistes, les titres s’écoutent comme on regarderait un film, en se laissant imprégner par les images que le son évoque en nous. On ne cachera pas notre penchant pour les morceaux enregistrés avec Chris Hayward, endiablés et chargés de rythmiques africaines (« Le Sorcier », « Souk Elevation »), ou plus mystiques et contemplatifs (« La Transe Du Caméléon »). Aussi décousue peut-elle paraître a priori, la trilogie de « Free Cinematic Sessions » trouve finalement une cohérence intéressante, qui peut tantôt charmer, tantôt troubler, sans jamais laisser indifférent. Bien que réservées au cercle assez restreint des mordus de free jazz et d’abstract hip-hop bien perché, l’inventivité et l’audace du projet méritent donc d’être largement saluées, offrant un son cérébral, nomade et organique, qui achève de donner une reconnaissance à la branche expérimentale « Black Eye » du label Makasound

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