Shobaleader One – « dDemonstrator »

sho180Album
(Warp)
02/11/2010
Electro

A la première écoute, on pourrait croire que Shobaleader One a produit cet album juste pour faire chier les chroniqueurs, histoire de les forcer à inventer des termes pour décrire une musique qui n’existe pas. Sautons donc par dessus les étiquettes, et parlons de « dDemonstrator », premier opus qui vaut son pesant de tickets pour l’Espace. En effet, il y a peu, Squarepusher prenait ses fans à contrepied en révélant à la face du monde le premier titre de ce nouveau projet, agrémenté d’un remix de Mr Oizo, le tout sur EdBanger s’il vous plaît: une collaboration passagère déboussolante entre deux labels respectueux qui marquait l’évasion de Tom Jenkinson de son légendaire autisme.

Le concept? Répondre à une bande de jeunes qui voulaient interpréter ses morceaux, le poussant donc à sauter de solo à live band: quelque chose d’utopique sur le papier il y a encore quelques mois, désormais gravé sur disque. Car, d’abord hermétique à la simple idée de groupe, Squarepusher affiche finalement une complémentarité évidente avec ces quatre mystérieux musiciens qui poussent les limites de leur instrument jusqu’à en faire jaillir de l’électricité. « dDemonstrator » est une plante carnivore qui avance avec une démarche stylée, en avalant les codes du hip hop, du rock, du funk et de l’électro. La guitare folk de « Plug Me In » cache bien son jeu puisqu’elle dévoile plus loin un R’nB organique, comme si Kanye West et les Daft Punk se partageaient les restes de D’Angelo comme de vieux charognards. Glitch à crever, « Laser Rock » pourrait illustrer un remake de Blade Runner, le beat dans les étoiles comme cette pop pour cosmonaute, « Into The Blue », chanson de pop acidulée étrangement efficace.

C’est d’ailleurs bien la première fois que Squarepusher se montre sous un masque aussi enjoué, s’échappant de ses expérimentations cosmiques pour tout donner dans un concept plus pop et accessible, le regard toujours pointé vers le futur. Folk et baléarique, « Frisco Wave » est une vraie BO de carte postale, une sorte de St Tropez 2025 décidément très borderline. Après avoir pris un peu de recul, on se rassure avec le torturé « Megazine » à la batterie binaire sans concession, et un Squarepusher qui ne balance que des onomatopées en direct de l’asile. Trop timide pour chanter en vrai, Jenkinson ne se sépare jamais de son vocoder, et se donne ainsi une nouvelle personnalité qui éclate sur le funk futuriste de « Endless Night », et l’imparable single « Cryptic Motion » qui met plus que jamais sa basse magique en relief au milieu d’une jungle sonore théâtralement organique…

En écoute

Disponible sur
itunes40

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire