Shaolin Temple Defenders – « Gettin’ The Spirit »

Gettin' The Spirit[Album]
02/02/2009
(M’A Prod/Discograph)

Qui aurait cru qu’un jour les mélomanes avides de pépites soul/funk, aussi pointus que nostalgiques, se pencheraient sur un groupe français? Sûrement pas grand monde tant les enregistrements d’époque, soit des années 60 et 70, étaient, dans les esprits, exclusivement rapportés à la scène américaine. Il y avait pourtant bien eu quelques exceptions pour les faire mentir: Vigon notamment, cet artiste marocain exilé à Paris dont le « End Of Vigon » fut récemment réédité (vivement conseillé!), déjà capable de venir rivaliser avec les monuments du genre. On peut désormais y ajouter Shaolin Temple Defenders qui, avec son deuxième album justement intitulé « Gettin’ The Spirit », fait souffler un vent de nostalgie sur la scène française, tout en lui offrant une crédibilité au sein d’un style musical qu’elle n’osait plus regarder droit dans les yeux

Ca n’arrivera plus, car aux Sharon Jones, Sweet Vandals, et Nicole Willis, s’ajoutent ces huit musiciens poussés sur les hauts plateaux européens par un répertoire en tous points fidèle aux meilleures recettes ayant jadis fait leurs preuves. Mais pour en arriver là, il a fallu que Shaolin Temple Defenders s’en donnent les moyens, chose qu’il s’est empressé de faire en confiant le mix et le mastering à Eddie Roberts de The New Mastersounds, autres ponte de la scène actuelle plébiscité notamment par Keb Darge. Aussi, le rang des invités affichait complet au moment de l’enregistrement avec la présence de Martha High, fidèle choriste de James Brown sur « Don’t Tell Me It’s Over », Dionne Charles, chanteuse des Anglais de Baby Charles sur « Message To The Soul Sisters », et du meilleur cru des musiciens bordelais

Ajoutez à cela une classe naturelle, une inspiration divine, un son démentiel, et Shaolin Temple Defenders, emmené par un chanteur autant capable de rugissements funk (« Watch Your Step », « Seven Deadly Corners ») que de caresses soul (« Something To Share »), vient défier les JB’s (« You Keep Me Turning Me On »), The Meters, comme la majorité des artistes Stax, sur leur propre terrain vintage. Une sortie inespérée qui prouve que la France peut définitivement ravaler ses plus vieux complexes d’infériorité

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