Sexypop – « Never Be The Same »

Never Be The Same[Album]
01/05/2008
(Autoproduit/Autoproduit)

Prends garde à toi jeune rockeur, les Sexypop ont de l’énergie à revendre, peut être même un peu de frustration aussi. Car, formé en 2000 à Angers, le combo a franchi un palier cinq ans après à l’occasion de la sortie de « Strange Days« , son deuxième album signé chez At(h)ome (Sleeppers, Lofofora, Mass Hysteria…). Seulement voilà, trop rock et pas assez métal pour le public Français, Sexypop n’est pas parvenu à faire son trou, ce qui le ramène aujourd’hui à la case autoproduite. Mais il en fallait bien plus, plus encore qu’un changement de line up, pour que les angevins ne mordent la poussière. « Never Be The Same » en dit long sur sa motivation, son envie de remettre les choses à leur place, rassure aussi au sujet de ces frenchies beaucoup trop discrets ces derniers temps pour qu’on puisse soupçonner l’arrivée d’une telle pétarade.

Car malgré de moindres moyens mis à leur disposition, les Sexypop parviennent encore à faire belle figure, même à effacer ces déconvenues pour ne laisser briller que ce qui les rend encore plus fort. En 2008, désormais armé d’un deuxième guitariste, le groupe nous crache au visage son disque le plus violent à ce jour, sans pourtant relayer au second plan l’approche mélodique qui a toujours fait son efficacité, et qui a souvent fait de lui notre Foo Fighters hexagonal (encore ici sur « Insane » et « Faceless »). Ainsi, pas de compromis, mais le groupe trouve sans difficulté ce juste milieu qui ne le détournera pas de son fidèle public (« Rock n’Roll Is Our Way », « In Front Of This Line », « Never Be The Same »…) tout en attirant à lui les adeptes d’un rock plus dur (« Misery »), celui du Helmet de Page Hamilton par exemple dont l’ombre plane incontestablement sur « Scream My Name ». Entre ces deux parenthèses, les gros riffs comme les refrains aussi intenses qu’accrocheurs (« She Said ») viennent claquer nos oreilles rougies par le manque de telles déflagrations depuis quelque temps, de nouvelles ambiances apparaissent (le démoniaque « Harmony ») et quelques titres viennent attester de la grande forme de Sexypop. C’est en boucle qu’on écoute par exemple « Any Change » et l’émouvant « I Feel Like Naked In This One » révélant un sens de la composition plus profond que par le passé, et un talent mélodique resté intact

Sexypop aurait pu ne jamais se relever de ses deux dernières années pendant lesquelles, tapis dans l’ombre, il préparait pourtant un retour fracassant. Et cela en passant de l’industrie à cet artisanat qui lui va finalement mieux au teint, et sans cultiver de regret sur un avenir qui n’aurait sûrement pas été plus lucratif, la France n’étant toujours pas prête à compter ses propres groupes parmi les plus dignes représentants du rock mélodique anglophone. Voilà sûrement une des raisons expliquant que d’innombrables combos français n’arrivent toujours pas à la cheville de leurs homologues américains. Mais les choses tendent à changer, et Sexypop, lui, en est à leur mordiller les couilles..

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