Serena Maneesh – « s/t 65 »

s/t[Album]
01/01/2005
(Honeymilk/Import)

2018. Dans cette dimension parallèle les Dandy Warhols n’ont jamais eu beaucoup de succès, ils sont devenus aigris et gris, amers, et ont fini par jouer en regardant leurs chaussures. Ils ont changé de nom, maintenant ils s’appellent Serena Maneesh. Ca pue un peu la défaite dit comme ça, mais leur premier album éponyme cultive à loisir un espèce de détachement blasé par rapport aux modes, mélangeant dans un vague je m’en foutisme de surface kraut rock et shoegazing. Ca part dans des envolées semblant contenues par une fainé(h)antise de casser l’ambiance, les guitares bouclent et bouclent et rebouclent et rebouclent dans des espèces de tourbillons noisy et psyché dont les morceaux ne semblent jamais pouvoir s’extraire. L’atmosphère est lourde et entêtante quand elle ne se fait pas légère et sombre à la Boards of Canada

Les paroles sont incompréhensibles la plupart du temps mais on s’en fout un peu, ce qui importe c’est juste de lever les bras à l’horizontal et de tourner sur toi-même. Tout ça t’emplit à la fois le cerveau comme sait le faire la bonne musique expérimentale tout en te ravissant le coeur comme cette ritournelle pop que tu aimes en secret. La plupart du temps une ligne mélodique semble évoluer toute seule autour de toi dans l’espace (« Candlelighted », « Sapphire Eyes High », « Your Blood Is Mine ») quand elle ne part pas soudainement vers des sphères plus riffélectrisées (« Beehiver II », « Don’t Come Down Here ») ou dans des brumes à la douceur un peu malsaine (« Her Name Is Suicide »)

Bon, en fait, laissez tomber cette histoire de dimension parallèle, c’est des conneries. On est bien en 2005 apparemment, et Serena Maneesh semblent norvégiens en fait. L’important c’est que cet album possède une belle personnalité mélancolique et revancharde qu’on serait bien en peine de vraiment décrire plus précisément. Il faut l’entendre pour le vivre mon frèèère, c’est une ex-pé-ri-en-ce. Et puis si ces gars là continuent sur leur lancée, ils devraient très rapidement cesser d’être comparés à d’autres groupes.

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