Sepalot – « Red Handed »

Red Handed[Album]
16/06/2008
(Compost/Nocturne)

La carrière de Sepalot, encore méconnue en France mais très bien établie en Allemagne via le groupe Blumentopf dont il est producteur, ne peut se résumer à la seule étiquette hip hop. Et pour cause, le bonhomme aime particulièrement titiller la musique électronique sans pourtant tomber dans l’appellation electro/hip hop, devenue aussi banale qu’elle a perdu de son sens. L’assimiler aux innombrables artistes de cette catégorie ne serait donc pas injustifié, mais il s’en démarque par une approche clairement électronique, voire lisse (un des gros reproches qu’on pourrait lui faire), qui rappelle quelque peu la touche Timbaland (« Jump »), connu pour ses capacités à s’adapter aux flows hip hop comme aux voix de la pop

Démonstration en est faite tout au long de ce « Red Handed », album estampillé Compost, ce label purement électronique habituellement en charge d’artistes tels que Koop, Kyoto Jazz Massive, ou Truby Trio… Aucun qui soit autant ancré dans le hip hop que l’Allemand, adepte du beat affirmé, des arrangements hérités de l’electro qui contribuent grandement à son efficacité, et des basses qui actionnent instinctivement nos cervicales, un poil trop rouillées pour l’occasion. D’autres, plus entraînés, n’ont pas manqué le coche pour y faire une démonstration de leurs talents: Saigon confirme haut la main son statut de nouvel espoir new yorkais (« Did It Again »), Blu joue des coudes et s’impose (« Surrender »), et Frank N Dank (protégé de JDilla) embellit lui aussi le casting (« Blow »)..

De son côté, Frank Nitty intervient lui-aussi brillamment à plusieurs occasions (« The Intro », le premier single « She Likes Me »). Malheureusement, il subit au même titre que Ladie6 de Fat Freddy’s Drop (« Go Get It ») ou la diva allemande Miss Platnum (« How Can I Say »), les velléités soul/pop mainstream du producteur (« From The Get Go », « Liquid Embrace », « Smile »), qui égratigne ainsi un album possédant pourtant des atouts de poids. Plutôt que de jouer simultanément sur deux tableaux, Sepalot s’éparpille et finit par ne laisser qu’un goût mitigé auquel on ne s’attendait pas en y piochant ici ou là quelques extraits prometteurs. « The Red Handed » s’écoute donc en pointillé, ou pas du tout..

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