Sebastien Grainger – « & The Mountains »

& The Mountains[Album]
23/02/2009
(Saddle Creek/Module)

Si la tristesse est le sentiment qui domine lorsqu’un groupe annonce sa séparation, elle est souvent rapidement suivie par un enthousiasme débordant quand on réalise qu’apparaîtront ensuite autant de projets qu’il pouvait compter de musiciens. Death From Above 1979 en est un excellent exemple: une rupture qui tombe comme un couperet alors qu’on s’abreuvait sans soif de son registre dance punk ultra efficace comme de ses nombreux remixes imparables, et la résurrection artistique de chacun de ses membres. En effet, pendant que le bassiste Jesse F Keeler plaçait Mstrkrft sur de bons rails, soit parmi les locomotives electro du moment, Sebastien Grainger, chanteur et batteur, préparait sereinement son projet solo

Et là, même de manière posthume, l’apport de chacun, comme la recette DFA 1979, s’éclaircie encore un peu plus. Les sonorités electro définitivement parties sous le bras de son collègue, il se laisse donc aller à un rock beaucoup plus basique et spontané, souvent pop par son côté mélodique, sur lequel il plaque quelques puissants accords, chante magnifiquement, se charge des choeurs, se place même derrière le piano (« Love Is Not a Contest »), prend semble t-il un plaisir incommensurable tout au long de l’album (le final disco « Renegade Silence » en atteste), et pond ainsi une ribambelle de tubes de la manière la plus naturelle qui soit. Pourtant, pas de doute qu’il trouvera toujours quelqu’un pour lui reprocher une production un peu trop lisse, édulcorée façon Head Automatica (« Love Can Be So Mean »), et une tournure finalement trop légère pour les rockeurs cérébraux (« I Hate My Friends »)… Mais, Grainger s’en fout certainement, et ne laisse qu’aux mauvaises langues le soin de renier l’impact que peuvent avoir « Who Do We Care For? » partageant quelques points communs rythmiques avec Queens Of The Stone Age, « By Cover Of Night (Fire Fight) » armé de synthés et d’un refrain double face, ou le décapant « Niagara »

La page étant définitivement tournée, inutile de venir chercher dans ce disque ce que vous adoriez chez Death From Above 1979. Sebastien Grainger est désormais un rockeur réfléchi, qui préfère polir sa pop, lustrer ses mélodies, plutôt que de se lancer tête baissée dans une musique ambitieuse qui fait dodeliner les rockeurs. Le propos est donc tout autre. Reste que séparément, Keeler et lui n’ont plus la même somme d’arguments pour occulter le passé

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