Scout Niblett – « This Fool Can Now Die »

This Fool Can Now Die[Album]
16/10/2007
(Too Pure/Naive)

Partons du postulat que vous êtes fan de Cat Power. Ce qui est plutôt bon signe, si je puis me permettre… Deux cas de figure sont alors possibles. Soit vous êtes du genre exclusif en amour et vous ne supportez pas toutes les autres chanteuses qui ont émergé depuis sur le même créneau que Chan Marshall, singeant son chant et sa voix blanche. Soit vous adorez tellement ce que fait la belle américaine que vous vous jetez sur toutes les autres songwritteuses sonnant peu ou prou comme l’objet de votre amour

Si vous appartenez à la seconde catégorie, on vous conseille plus que vivement d’écouter « This Fool Can Now Die », le nouvel opus de Scout Niblett. Car sans vouloir faire preuve de mauvaise foi, il est quand même très difficile de ne pas penser à Cat Power lorsque cette Anglaise exilée aux States chante avec une voix funambule ses ballades indie-folk minimalistes (« Do You Want To Be Buried With My People », « Elisabeth », « Yummy », « Dinosaur Egg », « Fishes And Honey »…)

Pour sa défense, c’est vrai qu’on pourrait aussi parfois penser à d’autres chanteuses comme PJ Harvey, Shannon Wright ou Nina Nastasia. Mais cette comparaison serait sans doute plus légitime en terme d’ambiance générale qu’au pur niveau musical ou vocal, ce qu’on pourrait d’ailleurs peut-être expliquer par la présence de Steve Albini derrière les manettes de toutes ces dames

Le guitariste/chanteur de Shellac est peut-être même à l’origine de la participation de Will Oldham à cet album puisque les deux hommes avaient travaillé ensemble sur un disque de Oldham. Quoi qu’il en soit, le barde barbu se retrouve ici sur quatre duos dont deux reprises assez sages (« Comfort You » de Van Morrison et « River Of No Return » que Marilyn Monroe chantait dans le film du même nom). Pas foncièrement désagréables, mais sacrément moins surprenantes que la reprise improbable mais réussie de « Uptown Ranking », le tube reggae de Althea & Donna que la demoiselle avait sorti sur un EP il y a quelques années

Outre la sempiternelle évocation du fantôme de Chan Marshall, ce quatrième album souffre des mêmes problèmes que ses précédents efforts: il est trop inégal, alternant les très beaux passages (le sublimissime « Nevada », « Kiss », « Yummy »…) et les titres plus anecdotiques ou mal maîtrisés (« Moon Lake » qui part pourtant d’une bonne idée voix/batterie, « Let Thine Heart Be Warmed » qui s’énerve dans le vide, « Hide And Seek » au final trop prévisible…). Paradoxalement, c’est quand Scout Niblett fait du Cat Power qu’elle semble le plus à son aise. Mais l’écoute de ce disque laisse l’auditeur avec l’impression qu’on ne lui a pas tout donné, que ce disque, pourtant pas si mauvais, aurait pu être bien meilleur… Vous aurez compris que cet avis provient de quelqu’un qui se situe plutôt dans la première catégorie évoquée tout là-haut

Ecoutez un extrait ici

Achetez sur :

  • Achat sur Fnac
  • Achat sur Amazon
  • Achat sur ITunes
À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire