Scott Da Ros – « One Kind Of Dead End »

One Kind Of Dead End[Album]
08/09/2006
(Endemik/Import)

Quand on sait que Endemik est un label d’Halifax, ville natale de Buck 65, que Bleubird, plus ou moins le clone de Sole (tous deux présents ici sur « Humans Bury Deep »), figure à son catalogue, et que Scott Da Ros, auteur de ce premier album « One Kind Of Dead End », est le fondateur de la structure, il ne reste que peu de surprise sur la couleur musicale de ce petit monde, clairement ancré dans cette scène hip hop alternative menée, de loin, par Anticon. Avec deux singles à son actif, Scott Da Ros se lance donc dans le bain du long format en alignant une dizaine de titres, composés à base d’acapellas fournis par les onze Mcs invités ainsi que cinq titres instrumentaux

Si le bonhomme dit ne souhaiter s’enfermer dans aucun genre ou convention, il faut avouer que l’originalité n’est pas forcément de mise ici tant la couleur morbide de cet album se rapproche définitivement de cette école des beats offensifs et des nappes atmosphériques, chères à qui vous savez. Du coup, cette recette légèrement brutale, sans détour, légèrement expérimentale par ses beats décalés, et aux angles trop peu arrondis, montre une nouvelle fois ses limites. Disons le, ce « One Kind Of Dead End » n’apporte rien de plus que ces albums du même genre sortis en ce début de siècle. Il propose, au mieux, la crème du genre à laquelle pourrait appartenir par exemple le « No Second Chance » introductif. Ne reste donc qu’à s’en remettre aux performances des nombreux Mcs présents: Bleubird apparaît à quatre reprises mais, à l’instar de Filkoe176, Ghettosocks, Dave Pal, et du japonais Yskee, peine à convaincre, contrairement à Tweetch !Zown sur le très bon « What You Wahn Be », ainsi que Apt et K-The-I (Mush Records) sur « Ocean Splits In Half »

Devant ce trop peu, c’est donc la déception qui nous envahit une fois l’écoute de cet album achevée. Endemik nous ayant auparavant proposé quelques bons disques, on était en droit d’attendre peut être son meilleur puisque estampillé Scott Da Ros, gourou du label. Si ce « One Kind Of Dead End » n’est pas non plus sans intérêt, il contribue pourtant à faire déborder le vase de ce hip hop dit « blanc » qui semble définitivement avoir atteint ses limites. Voilà la preuve qu’une petite remise en question s’impose, et qu’il va enfin falloir passer à autre chose qu’à ses productions glauques, minimalistes et en manque cruel de finesse. Au risque qu’elles ne soient écoutées qu’une fois…

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