School Of Language – « Sea From Shore »

Sea From Shore[Album]
04/02/2008
(Thrill Jockey/Import)

Quoi de plus courageux que de prendre le risque de rebondir quand on fait partie intégrante d’un groupe qui parvient à se faire une petite réputation, dans le seul but de se remotiver, de devenir plus productif, et de proposer quelque chose d’encore plus convaincant? C’est la décision qu’ont prise trois musiciens de Field Music, dont un, David Brewis, en s’attelant seul au projet School Of Language et à son « Sea From Shore », un premier album qui aura mis un an à voir le jour. Car le bonhomme aura bidouillé, composé à partir de multiples copiés-collés, au point de donner à cet opus un aspect totalement intriguant, voire même injouable. Du moins, impossible à retranscrire seul sur scène, sans l’aide de ses compères, son frère Peter et Andrew Moore

Revenons au disque, de ce fait assez passionnant. D’une parce qu’il aligne une grosse dizaine de titres pop rock bancales, aventureux, et bourrés de mélodies, celles-ci qui apportent à « Sea From Shore » une approche accessible contrebalançant un thème récurrent et quelque peu bourratif dans les textes de l’Anglais: la notion de temps dans les relations humaines. Un vaste sujet qui aurait clairement pu plomber l’ensemble s’il n’avait pas eu le talent de lui offrir un décor original, toujours surprenant du fait qu’il pioche aussi de près ou de loin dans le funk et la soul . Du coup, aucun titre sonne en demie teinte, et on s’abreuve sans modération de cette pop rock déglinguée (« Ships », « This Is No Fun »), négligée, désordonnée mais jamais bordélique, parfois un brin post punk, à l’image de « Disappointment ‘99 », un des plus puissants et moins complexes, sur lequel viennent se greffer deux musiciens de The Futureheads. « Marine Life » surprend aussi par son riff de guitare convulsif; tout comme l’imparable « Poor Boy », pourtant véritable antithèse du perfectionnisme, les parenthèses « Rockist » déclinant une série de voyelles en quatre volets bien différents et tous en rapport avec la notion de temps chère à l’auteur

Pas étonnant donc que ce virage à 180 degrés se soit présenté à David Brewis comme une évidence. Car, il semblerait qu’au moment même ou School Of Language a vu le jour, le placard à idées s’est ouvert en grand, déversant un flot d’inspiration que l’Anglais aura finalement réussi à canaliser avec brio. Le tout en parvenant à un résultat aussi accessible qu’original, aussi fragile que spontané: un équilibre rarement atteint habituellement par ces rockeurs dont le cerveau se met soudainement à vriller. Que Brewis continue donc ainsi, et la nostalgie autour de Field Music s’échappera dans la vapeur de sa propre musique..

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