Sayem – « A City Gone Mad w/Fever »

say180Album
(Pour Ouvrir Une Parenthèse)
03/10/2011
Electro cinématographique

Jusqu’à aujourd’hui, Sayem était pour nous « Phonogénique » – brillant album conciliant hip-hop et electronica sorti en 2007 – et quelques bande-sons pour des pubs (Nokia ou la coupe du monde de Rugby). Mais en quatre ans, il s’est passé pas mal de choses, qui plus est pour notre artiste qui a traversé une période merdique, cherchant un sens à sa vie comme pour compliquer un peu plus le quotidien. Ce nouvel album a donc été composé dans un contexte particulier, au long d’une vaste période de remise en question personnelle.

Alors que, par la force des choses, les synthés sont devenus les porte-paroles de ses interrogations, Sayem traduit ses sentiments à travers une bande-dessinée accompagnant le disque: un faux comics que Artus de Lavilléon s’est chargé de dessiner, une espèce de Marvel non-sens à base de jeu vidéo qui dégénère, de bars à putes, d’anti-héros inutiles, ou de bad girls armées… L’album est donc organisé autour de ce concept, une ville où tout fout le camp, reflétant de manière absurde et schizophrénique ses problèmes personnels.

Il est la B.O. de ces décors aussi glauques qu’humoristiques, ou Sayem construit cette ville sur du béton résolument 70s, comme le rock synthétique « Scenario » qui défie datA dans le genre. Flairs est également aux manettes côté production, et les deux dégagent des sentiments déséquilibrés via les intensément acidulés « Glory Tears » et « Monster », l’intergalactique « Chasing After A Queen » ou la fraîcheur nu-disco et doucement 8 bits de « Play Fight And Win…Sunday ». Si le producteur trouve son compte dans ces pièces souvent mi-Vangelis mi-Moroder, on reprochera pourtant parfois un manque de relief et le chant inadapté de Flavia Eusepi sur certains morceaux.

Heureusement, son style s’enrichit et son entourage grandit au fur et à mesure des épisodes, à l’image de « 436 Seconds Of Happiness » qui alterne silences folk et feu d’artifice à la Crystal Castles, le tout adoucit par la voix du Prince Miiaou. Aux antipodes, ce sont les trop rares DSL qui rappent sur le remarquable « Attack Of The Soft Man » dans un exercice de break aérien typiquement eux-mêmes. « The Black Mountain… Saturday » arrive malheureusement après la bataille, quand le brouillard se lève et dévoile l’ampleur des dégâts, clôturant alors ce Comics musical. « C’était l’histoire d’une ville qui part en couille…« 

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