Sax Ruins – « Yawiquo »

sax180Album
(Ipecac)
08/2009
Free jazz noise

Si la jeunesse est un privilège, il n’empêche qu’elle contribue souvent à vous amener à faire preuve d’une négligence inénarrable. C’est ainsi que votre serviteur n’a pas caché son indifférence lorsqu’un collègue zélé lui apporta un album, je cite, « exclusivement composé au saxo, une tuerie!« . Connaissant la passion de mon émissaire pour les bandas festives limousines, je n’ai pu m’empêcher de glisser cette offrande au fin fond de ma (grosse) pile d’écoutes. Grosse erreur, vous en conviendrez, c’était oublier que les cuivres ne servaient pas uniquement à faire perdurer les airs de fanfares carnavalesques mais alimentaient aussi les travaux de John Zorn, Akosh ou Truffaz. Ma désinvolture m’amena de surcroît à commettre une deuxième erreur: ne pas comprendre que Sax Ruins était une émanation de Ruins, le groupe de Yoshida Tatsuya, aujourd’hui totalement abandonné par ses musiciens. Celui-ci s’est donc embarqué dans un autre versant de ses expérimentations avec la saxophoniste Ono Ryoko, elle-même éminente musicienne nippone, pour un résultat à son image: dix-sept morceaux qui ont fait l’histoire de Ruins, réarrangés et réorchestré à la sauce Sax Ruins soit un tourbillon free-jazz noisy, totalement instrumental et partagé entre longues improvisations et composition précise, complexe et sophistiquée. Au final, « Yawiquo » se révèle assez jouissif bien que parfois très masturbatoire, et offre au catalogue de Ruins une nouvelle identité assez surprenante. Un album qui aura le don de faire souffrir tous les réticents à la musique onanique tout en comblant les amoureux des étrangetés zorniennes. « Yawiquo » de Sax Ruins a trouvé refuge chez Ipecac, le label de Mike Patton: guère étonnant quand on connait les liens étroits entre Yoshida Tatsuya et le mythique vocaliste.

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Une réponse à Sax Ruins – « Yawiquo »

  1. Maxime 18 septembre 2009 à 16 h 41 min #

    Le saxophone est un bois et non un cuivre, pour info.

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