Santigold – « Master Of My Make Believe »

santi180Album
(Warner)
16/04/2012

On a tous une copine comme Santi White. Un peu excentrique. Le genre de copine qui te papillonne autour tous les soirs de la semaine pour te convaincre d’aller danser plutôt que de finir ton bouquin. La copine qui, en révolte contre le terne et le banal, t’incite à mettre un sari sur un fuseau léopard avec un maquillage bleu flashy pour sortir faire la fête, encore. Santi White est une entraîneuse, une secoueuse de puces. Quand il s’agit d’écrire des tubes pop, c’est pareil: depuis ses débuts comme productrice de R&B, la demoiselle de Brooklyn ne sait pas se faire discrète, il lui faut de la couleur, de la jouissance de vie à pleines dents, et du métissage… Au risque de ne plus retrouver son chemin par excès de gourmandise. Les bras grands ouverts à la sono mondiale, cette fille d’avocat diplômée de l’université Wesleyenne en musique et études afro-américaines, sert de généreux cocktails bariolés, produits par Diplo, Switch ou Buraka Som Sistema parmi les architectes sonores les plus doués et bancables du moment. Ceux pour qui l’association petits carreaux et grosses rayures est appelée sacrilège vont donc souffrir: pop martiale (« Go ») en compagnie de Karen O, chanteuse des Yeah Yeah Yeahs et concurrente farouche de Santi White pour le titre très convoité d’icône baroque de la mode, électro-pop 80s’ (« Disparate Youth »), Kuduro ou dancehall qui conduisent tout droit à l’arthroplastie (« Fame », « Freak Like Me », « Look At These Shoes », « Big Mouth »), new-wave de baisse de moral (« This Isn’t Our Parade », « The Keepers »), électro-dub dandinante (« Pirate In The Water ») cohabitent sans mal. Malgré la lourde comparaison avec MIA et un fluo qui a pâli depuis la dernière fois, Santigold insuffle un air world-arty bienvenu dans la pop. Beauté dépareillée.

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