Samiyam – « Sam Baker’s Album »

sam180Album
(Brainfeeder)
27/06/2011

Chaque nouveau disque Brainfeeder est un pas de plus dans la ruée vers des sons toujours plus dilatés, organiques et décalés. Pour le meilleur et pour le pire, le label progresse dans sa déclinaison du hip-hop instrumental, à la recherche du beat parfait. Considéré comme l’une des plus grosses attentes de cette année, Samiyam prend sa chance à trois points. Comme s’il apposait sa signature au stylo bille sur un vieux 45 tours, il fait de son nouvel album un objet personnel qui porte son nom: Sam Baker. Lui et son double musical, une manière de doubler un effort qui porte ses fruits sans pour autant ouvrir de nouveaux horizons. Car, même s’il surprend moins que les derniers Tokimonsta ou Young Montana?, Samiyam a le don de clipper une pompe à vélo sur ses machines pour en sortir des productions surgonflées qui agissent sur l’organisme. Sur « Escape » par exemple, il convie Jean-Michel Jarre à une fête hip-hop avant de switcher sur un son typiquement Brainfeeder, le genre de souffle qui compresse l’estomac. La musique de Sam Baker s’extrait alors aussi péniblement des haut-parleurs que les fumées des bouches d’égoût new-yorkaise.

C’est pourtant à Los Angeles que ça se passe, berceau de la beat scene qu’il a contribué à bâtir en débarquant en 2006. Cette année-là, il rencontre Flying Lotus et s’associe à lui pour sortir un album sous le pseudo Flyamsam, qui deviendra précurseur de ce mouvement alors aussi effervescent qu’une aspirine dans une piscine olympique. Dans la continuité de cette mission, il injecte donc ici une âme soul à « Frosting Packets », comme des éclaircies funk autour des grassouillets « Bedtime » et « Wonton Special », au milieu d’un disque globalement dark, toujours lent mais indubitablement charismatique. Avec 17 titres en 40 minutes, « Sam Baker’s Album » s’écoute d’un bloc, comme un enchaînement de boucles savantes: une qualité qui prend le risque de se tranformer en bémol, comme lorsqu’elle nous laisse sur notre faim au bout d’une minute de l’accidenté « No Dinner ». Dans une ambiance très homogène, des morceaux parviennent néanmoins à se détacher: « Bricks » offre le curieux sentiment d’apprécier quelque chose de sale et désagréable, pendant que « Kitties » joue la carte du contraste en confrontant samples de châtons et beat éléphantesque. Enfin, « Lifesized Stuffed Animal » est le genre de hip-hop ludique et souriant qu’on aimerait entendre au menu d’un niveau du prochain Mario Bros…

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